Denaisis. « Il m’a cassé deux nouveaux téléphones, alors j’ai décidé de déménager »
Un Lourchois de 22 ans a été condamné à une peine ferme pour des violences sur son ex. Par jalousie, il a aussi cassé son téléphone. L’avocate de madame regrette qu’il n’ait pas été placé en détention provisoire suite à ces faits.

Un jeune homme déjà connu pour vols et violences
Oussama* ne s’est pas présenté à son procès, ce 4 octobre 2024. Sans emploi à 22 ans, il réside à Lourches. Placé en famille d’accueil dès ses 3 ans, son casier comporte sept mentions. Il s’agit surtout de faits de vols, mais aussi de violences pour deux d’entre elles. Oussama est resté en couple avec Sophia* de juin 2020 à octobre 2023, sans avoir jamais vécu avec elle. Et il n’a manifestement pas digéré la séparation.
Saisie à la gorge et plaquée contre un mur
Le 3 février 2024, il s’est présenté au domicile de son ex où il a forcé le passage pour entrer. Comme il lui reprochait d’avoir ajouté un autre homme comme contact sur les réseaux sociaux, il lui a pris son téléphone. Le Lourchois lui a aussi saisi la gorge avant de la plaquer contre un mur. Les très jeunes enfants du couple se trouvaient dans la pièce au moment des violences.
Petite avec de longs cheveux noirs attachés, Sophia se présente à la barre pour apporter des précisions sur les faits. Selon elle, des violences similaires sont survenues à plusieurs reprises par la suite : « il m’a cassé deux nouveaux téléphones, alors j’ai pris la décision de déménager ». Elle produit d’ailleurs une expertise médicale concernant des faits de violence qui auraient été commis en août par Oussama. Pour d’autres faits commis en janvier, Sophia a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec lui. Ils seront jugés prochainement pour ce qui s’apparente à des violences réciproques.
Lors de ses auditions, Oussama a contesté les faits : selon lui, c’est Sophia qui a été violente et il a dû la pousser pour sortir du logement.
« Comme il n’est pas déferré en comparution immédiate, il continue »
« Monsieur ne daigne pas se déplacer pour être jugé » s’agace maître Lhussiez, « monsieur se moque de la justice ». « Ces faits sont les premiers d’une longue série », poursuit l’avocate, « comme il n’est pas déferré en comparution immédiate, il continue ». « Le côté ubuesque, c’est que ce soit madame qui se retrouve avec une interdiction de contact » peste Virginie Lhussiez. Et de réclamer 800 euros de dommages et intérêts pour madame, 500 pour chaque enfant et un total de 1200 euros de frais de justice.
Une scène « extrêmement violente pour des enfants »
Le parquet parle aussi d’une « scène extrêmement violente pour des enfants ». Selon la magistrate, Oussama cherche à « contrôler » sa victime en s’introduisant ainsi chez elle et en lui prenant son téléphone. Elle requiert donc 8 mois de prison en plus d’une interdiction de contact et de domicile pendant deux ans et le retrait de l’autorité parentale d’Oussama sur ses deux enfants.
Huit mois de prison et le retrait de l’autorité parentale
Le tribunal valide les réquisitions du parquet, mais porte les interdictions de contact et de domicile à trois ans. Il valide également les demandes de maître Lhussiez, en réduisant de 300 euros les frais de justice.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales sexuelles ou sexistes.
Le site de L’Enfant bleu dédié aux maltraitances infantiles.
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr





