Quiévrechain. Quinze mois avec sursis pour des violences conjugales, physiques, verbales et psychologiques
Le tribunal a condamné un jeune homme de vingt-cinq ans pour des violences commises depuis 2021. Fou de rage, il a dû quitter la salle d’audience avant la fin de son procès.

Un intérimaire en manutention au casier encore vierge
« Chez moi, c’est la femme qui doit faire à manger quand on est en couple », a lâché Julien* face à une assemblée de magistrates. Le Quiévrechinois, cheveux bruns bouclés, courts, mince, avec un t-shirt moulant, a été jugé le jour de son anniversaire, ce 9 juillet. Intérimaire dans la manutention, il a accepté de comparaître malgré l’absence de son expertise psychologique au dossier, et sans conseil. « J’ai pas besoin d’avocat », a-t-il asséné d’emblée, histoire de donner le ton. Il n’avait encore jamais été condamné jusque-là et était en couple avec sa victime depuis 2020. Ils ont deux enfants de trois ans et neuf mois, mais ne vivaient en concubinage que depuis novembre dernier.
Les faits
Le 14 mai, ils se sont disputés quand Julien est rentré du travail, pour une question de repas. Le lendemain, Gwendoline* est allée se plaindre au commissariat. Elle a indiqué avoir été bousculée et avoir pris des coups de poing sur les bras, la veille. La jeune femme a aussi listé de nombreuses violences depuis 2021, alors qu’elle était enceinte. Elle parle de violences physiques : étranglements, gifles, tirage de cheveux… Des violences verbales quotidiennes, notamment avec des insultes. Enfin, des violences psychologiques : elle a indiqué que Julien l’avait isolée, l’épiait en permanence, qu’elle devait lui demander l’autorisation pour chaque dépense effectuée. Et à chaque épisode de violences physiques, c’était à elle de s’excuser. Le médecin légiste a relevé des marques plus ou moins récentes pour fixer l’ITT à un jour.
Il se présente au commissariat avec un couteau
Pendant qu’elle déposait plainte, Julien s’est présenté au commissariat, pensant qu’elle était partie à plusieurs centaines de kilomètres avec leurs enfants et sans son accord. Il se trouvait en possession d’un cran d’arrêt qui lui a été confisqué. Le jeune homme reconnaît des empoignades et des bousculades, concède qu’il s’agit de violences, mais nie avoir porté des coups à Gwendoline. Il s’est cependant montré très nerveux pendant son procès, interrompant les magistrats en permanence.
Des enfants qui « sont nés et ont grandi dans la violence »
« Je voulais que ça s’arrête, mais il ne m’écoutait pas », a indiqué Gwendoline, à la barre, « il m’a déjà mis des tartes, il m’a déjà jeté des trucs ». Son avocate indique par ailleurs que la jeune femme fait des cauchemars, « elle a perdu confiance en elle ». « Elle est enceinte de cinq mois quand les violences commencent », a-t-elle poursuivi, « ça a impacté profondément les enfants. Ils sont nés et ont grandi dans la violence ». C’est pourquoi elle a réclamé un euro seulement pour sa cliente, mais 1000 euros pour chacun de leurs deux enfants. Ce qui a semblé indigner Julien.
Un prévenu incapable de supporter la contradiction
« On a senti et on sent encore votre impulsivité », a fait remarquer la représentante du parquet. Et, comme pour lui donner raison, Julien s’est emporté jusqu’à sortir de la salle : « Ce que j’entends, c’est en train de m’énerver. », a-t-il expliqué, « arrêtez de me donner des ordres, aussi ! ». La magistrate a requis une peine de douze mois de prison avec sursis probatoire.
Le délibéré
Le tribunal est allé un peu plus loin en poussant le quantum jusqu’à quinze mois, avec notamment une interdiction de contact et de paraître au domicile de sa victime. Il devra également indemniser ses victimes comme réclamé. Ce qui semble particulièrement dur à avaler pour le jeune homme : « je trouve pas ça juste du tout », a-t-il commenté, les dents serrées.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage. https://arretonslesviolences.gouv.fr/
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr
En 2023, 23 plaintes ont été enregistrées à Quiévrechain (6 350 habitants) pour des violences intrafamiliales. En 2022, ce chiffre s’élevait à 41. (https://ville-data.com/delinquance/Quievrechain-59-59484)





