Bruay-sur-Escaut. Six mois de prison pour des violences conjugales après deux bouteilles de vodka
Un Bruaysien de vingt-neuf ans a été condamné ce 25 avril pour des violences commises à l’encontre de sa compagne, et en présence de leur fille de deux ans. Pourtant, à l’entendre, ce serait lui la victime.

Il purge déjà une peine de prison pour d’autres faits
Suite à des violences à l’encontre de forces de l’ordre, Jordan* a été incarcéré en mars avec une date de libération fixée à novembre prochain. Il se présente donc à son procès, ce 25 avril, dans le box plutôt qu’à la barre, et sous escorte. Plutôt petit avec des cheveux châtains et une barbe, le jeune homme fait plus que son âge. Il reconnaît d’ailleurs souffrir d’une forte dépendance à l’alcool. Rien d’étonnant, alors, à ce que son casier comporte dix mentions depuis 2016 avec plusieurs conduites en état alcoolique, mais aussi des vols, dont un avec arme en Belgique. Des faits qui lui ont valu quatre années d’incarcération.
Les faits qui lui sont reprochés cette fois, se sont déroulés le 9 février 2024. Il était alors encore en couple avec Laetitia* depuis huit ans. Ils ont eu une fillette de deux ans ensemble. Sa compagne lui a reproché son alcoolisme, vu qu’il s’était enfilé deux bouteilles de vodka et de la bière. Ça ne lui a pas plu. Il l’a donc étranglée avant de s’éclipser et de revenir un peu plus tard, par la fenêtre, pour lui asséner des coups sur le crâne. Tout en la menaçant de lui prendre sa fille et de l’enterrer vivante.
Déjà condamné pour des violences conjugales
“Je me rappelle très bien ce qu’il s’est passé”, assure Jordan, qui conteste avoir commis toute violence: “elle m’en veut vraiment, mais je ne sais pas pourquoi”. Le président lui fait alors remarquer que sa victime a juste demandé à ce qu’il se soigne. Il lui a aussi rappelé qu’en 2020, Jordan a déjà été condamné pour des violences conjugales, en comparution immédiate. Mais là aussi, “c’est elle qui a inventé cette histoire. Je suis en train de faire de la prison gratuit, là. (sic) Je suis tout le temps fautif dans l’histoire, je peux rien dire”.
Depuis ces faits, le couple s’est séparé.
“Madame n’a pas voulu déposer plainte”, souligne maître Tremmery, qui représente la fille du couple, victime indirecte de ces violences. “Elle ressent tout”, argumente l’avocate qui réclame un total de 3700 euros à Jordan pour la petite.
“La victimisation de monsieur est particulièrement désagréable”, rebondit la substitut Burillon, contrainte, elle aussi, de rappeler que ce n’est pas Laetitia qui est à l’origine de la procédure, mais le parquet. Elle requiert donc huit mois de prison, avec mandat de dépôt.
Comme il a choisi de ne pas se faire assister d’un avocat, Jordan se défend seul : “j’ai déjà pris huit mois, on me rajoute huit mois…”.
Six mois de prison ferme
Le président Betermiez a ramené le quantum à six mois et validé le mandat de dépôt. Le condamné devra également indemniser le département, pour le compte de sa fille, pour un total de 1700 euros.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Bruay-sur-Escaut.
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.
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