Condé. Identifié formellement après un refus d’obtempérer par des policiers, et pourtant relaxé
Ce 23 mai, un jeune homme de 19 ans a été jugé pour des faits de conduite sans permis et de refus d’obtempérer commis le 9 janvier 2024. Problème : les policiers sont peut-être allés un peu vite en besogne.

Le conducteur parvient à s’échapper
En détention provisoire depuis mars 2024 pour d’autres faits, Jordan* se présente à son procès dans le box des prévenus et donc sous escorte. Plutôt petit, il affiche des traits juvéniles atténués par une moustache. Son casier ne comporte qu’une mention, pour un usage de stupéfiants alors qu’il était encore mineur.
Le 9 janvier 2024 vers 10h30, une patrouille croise la 206 de Jordan au niveau de Condé et note que le conducteur n’a pas mis sa ceinture de sécurité. Ils entreprennent alors de le contrôler, mais le véhicule tente de s’échapper en prenant tous les risques. Au bout d’un moment, il se retrouve coincé dans une impasse et, là, les fonctionnaires reconnaissent Jordan, à qui ils ont déjà eu affaire par le passé. Néanmoins, la 206 parvient à leur échapper en traversant une haie. Une autre patrouille la retrouve un peu plus tard, stationnée devant le logement de la compagne de Jordan. Ils seront tous deux interpellés quelques mois plus tard, dans le cadre d’un autre dossier.

Six mois avec sursis et un stage requis
“J’étais pas là, j’étais chez ma mère, à 500 km”, répète le jeune homme qui ajoute qu’il a dû prêter son véhicule, sans préciser à qui, sachant qu’il ne dispose pas du permis de conduire. Des dénégations que la substitut Paineau ne comprend pas étant donné que les policiers indiquent avoir vu le conducteur de très près et n’avoir aucun doute sur son identité. Elle requiert donc une peine de six mois de prison avec sursis simple en plus d’un stage de sensibilisation sur la sécurité routière.
Une relaxe, mais…
“Il y a eu des manquements dans l’enquête”, plaide maître Guilleminot qui réclame la relaxe pour son client. L’avocat s’étonne en effet que les fonctionnaires aient identifié Jordan alors que celui-ci n’était connu que pour un usage de stupéfiants quelques années plus tôt. “Il n’y a même pas eu de confrontation, on n’a pas fait le strict minimum dans ce dossier”, appuie maître Guilleminot… qui obtient effectivement la relaxe.
Cependant, Jordan comparaît aussi, ce 23 mai, pour un dossier de violences avec sa compagne à l’encontre de deux jeunes femmes. Et là, le tribunal l’a condamné.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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