Saint-Aybert. Deux jeunes femmes violentées par un chauffard et sa compagne
Le tribunal correctionnel de Valenciennes a condamné un couple de Condéens ce 23 mai après qu’ils ont poursuivi deux automobilistes pour les insulter et briser leur vitre avec un démonte-pneu. Alors qu’au départ, le couple était déjà en tort.

Furieux de se faire klaxonner après son refus de priorité
Dans le box, Jordan* vient de se faire relaxer pour des faits de conduite sans permis et de refus d’obtempérer, en raison d’une enquête un peu courte. À 19 ans, le Condéen se trouve néanmoins en détention provisoire pour d’autres faits encore depuis mars 2024. Son casier comporte une seule mention, pour usage de stupéfiants. À la barre, Sarah*, vingt-trois ans, est en couple avec lui depuis deux ans. Elle arbore de longs cheveux noirs, une veste kaki et un pantalon gris. Son casier comporte, quant à lui, cinq mentions pour vols, violences et stupéfiants.
Les victimes sont venues pour assister au procès, mais les deux sœurs ne réclament rien et ne souhaitent pas participer aux débats.
Le 19 mars 2024, la plus âgée amenait l’autre, encore mineure, à l’école, quand la Clio conduite par Jordan leur a refusé la priorité au niveau d’un stop. Coups de klaxon, échange de doigts d’honneur, les choses auraient pu en rester là, mais le jeune homme, qui ne disposait pas du permis de conduire, a décidé de les prendre en chasse, mécontent d’avoir été légèrement percuté par l’autre véhicule. Une course-poursuite terrifiante qui s’est terminée devant une école, à Thivencelle, où les deux sœurs ont préféré s’arrêter. Là, Sarah est sortie de la Clio, s’est saisie d’un démonte-pneu et a brisé la vitre côté passager. Les bris de verres ont causé quelques éraflures à la mineure.

Un prévenu immature
“Elle m’a foncé dans le cul de ma voiture. J’ai réagi comme un con : je les ai suivies”, résume Jordan lors de son procès. Mais le président Ott ne se satisfait pas de cette explication. Le juge aimerait comprendre pourquoi le jeune homme s’est mis dans cette situation alors qu’il était en tort et n’avait même pas le permis, ce qui a fait sortir le prévenu de ses gonds : “Si quelqu’un vous rentre dans le cul de votre voiture, vous faites quoi ? Répondez à ma question !”. Le président Ott parvient à garder son calme, là où d’autres magistrats auraient pu s’emporter face à ce manque de respect.
Sarah se montre plus calme et plus claire dans ses explications : “Quand il a grillé le stop, elle a klaxonné pendant cinq minutes, et elle a tapé notre voiture. […] J’ai eu un excès de colère. […] Maintenant, je suis suivie par un psychologue. […] Je me suis reprise depuis un an. C’est vrai que mes fréquentations n’étaient pas bonnes”.
Le parquet déplore un “comportement assez puéril” de la part des prévenus et souligne que les deux victimes ont été terrifiées. La substitut Paineau requiert donc une peine de douze mois de prison avec sursis probatoire assorti d’obligations de soins, de travail, ainsi que d’interdiction de contact, de se présenter au domicile des victimes et de détenir une arme pendant deux ans.
Les avocats plaident pour une peine avec sursis simple
“Elle considère qu’elle a été complètement inconsciente”, plaide maître Delcourt pour Sarah, insistant sur l’évolution de sa cliente depuis les faits. L’avocate réclame une peine avec sursis simple et un quantum moindre.
Maître Guilleminot appuie sur l’immaturité de Jordan et souligne, surtout, qu’il n’est pas poursuivi pour des délits routiers, mais pour des violences qu’il estime “pas assez caractérisées” pour entrer en voie de condamnation. L’avocat plaide donc la relaxe pour son client, ou à tout le moins une peine avec sursis simple, comme sa consœur.
Du sursis probatoire et du sursis simple
Le tribunal condamne Sarah à huit mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans avec les obligations et interdictions requises par le parquet. Jordan s’en tire avec six mois de prison avec sursis simple et une interdiction de porter ou de détenir une arme soumise à autorisation pendant deux ans. Le tribunal estime en effet que le jeune homme s’est trouvé en situation de coaction dans les violences de sa compagne et qu’il s’est servi de son véhicule pour impressionner les victimes, ce qui constitue une violence.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Saint-Aybert.
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