Lourches. Dix mois de prison pour avoir mordu sa compagne

Temps de lecture : 4 minutes

Un Lourchois de vingt-neuf ans a été condamné ce 23 mai par le tribunal correctionnel de Valenciennes pour des violences à l’encontre de sa compagne commises en janvier dernier.

Image d’illustration par Diana Cibotari de Pixabay
En récidive

Tête basse, Tony*, avec ses cheveux châtains, sa barbe et sa veste noire, sait qu’il risque gros aujourd’hui, puisqu’il est en état de récidive. Le casier du technicien de maintenance comporte en effet quatre condamnations.

Le 19 janvier dernier, il se trouvait au domicile de sa compagne pour fêter l’anniversaire du père de celle-ci. Le jeune homme avait arrêté de boire deux ans auparavant, mais il a décidé de faire une exception et de se contenter d’un verre. Selon sa compagne, les deux tiers d’une bouteille de whisky y sont passés. Une dispute a éclaté alors qu’ils étaient au lit, il lui a reproché d’être sur son téléphone et a voulu le lui prendre. Le jeune homme a mis son bras autour du cou de sa compagne, qui l’a  mordue pour se dégager et Tony lui a rendu la pareille au niveau de l’épaule. Une fois libérée, la victime a dû se réfugier dans ses toilettes pour appeler sa mère à la rescousse, tandis qu’une voisine contactait la police.

« Madame était morte de peur »

“J’aurais pas dû boire”, concède le prévenu lors de son procès, “j’ai été vexé qu’elle m’ait mordu”. Il comprend néanmoins qu’elle ait pu avoir peur de lui. Le président lui fait alors remarquer que, trois jours après sa garde à vue, alors qu’il se trouvait sous contrôle judiciaire avec une interdiction de contact, sa victime l’a aperçu devant chez elle. Tony répond que lui et sa famille habitent à proximité, et qu’il a préféré passer à cet endroit plutôt que de faire un détour.

“Monsieur n’en est pas à son coup d’essai”, tance maître Dominguez en partie civile, “on n’est pas à la première petite amie qui se fait taper dessus”. L’avocat se montre particulièrement incisif dans sa plaidoirie : “vous avez une morsure digne de Dracula […] madame était morte de peur […] on a des féminicides qui partent de scènes équivalentes au début”. Au final, il réclame un euro symbolique en plus de ses frais de justice estimés à 600 euros, mais surtout, il aimerait que l’interdiction de contact soit reconduite afin de rassurer sa cliente.

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Douze mois de prison requis avec une partie ferme

Le parquet parle d’une “scène détestable” et “extrêmement minimisée” par le prévenu : “elle doit s’enfuir et s’enfermer dans les toilettes et monsieur vous dit que ce n’étaient pas des violences” La substitut Paineau requiert donc une peine de douze mois de prison, dont six avec sursis probatoire assorti d’obligations de soins, d’indemniser la victime et d’interdictions de contact et de détenir une arme pendant trois ans.

Maître Babouri indique que Tony a subi, par le passé, des faits traumatisants qui “ont structuré sa personnalité”, sans donner d’autres précisions. “Monsieur a connu un passage à vide”, poursuit l’avocat à propos de l’abstinence de Tony qui a “l’alcool méchant”. Il réclame une peine assortie intégralement d’un sursis probatoire.

Dix mois de prison dont cinq sous bracelet électronique

Le tribunal prononce la peine de dix mois de prison, dont cinq avec sursis probatoire pendant deux ans avec, en plus des obligations requises par le parquet, une obligation de travail et une interdiction de se présenter au domicile de la victime. Tony devra également suivre un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales, à ses frais. La partie ferme de la peine est aménagée “ab initio” sous la forme d’un bracelet électronique. Le jeune homme devra, enfin, s’acquitter des dommages et intérêts comme réclamés par son ex.

* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Lourches.


3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage. https://arretonslesviolences.gouv.fr


La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.


Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ? https://www.alcool-info-service.fr/


Un problème de dépendance ? L’association GREID peut vous aider.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal ou prenez contact avec le Service d’Aide aux Victimes au 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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