Amandinois. “Pour mes parents, c’est plus vivable des crises comme ça”
Ce 10 février, un jeune homme de vingt-cinq ans a été condamné à un total de neuf mois de prison pour avoir commis des violences sur son père et son demi-frère, en récidive, deux jours plus tôt, dans l’Amandinois.

« On aurait dit une bête affolée »
Dans le box, Salvatore*, avec son visage rond et sa moustache châtain, n’en mène pas large. Le 8 février, son père fêtait son anniversaire ainsi que celui d’un de ses frères, en famille. Comme trop souvent, le jeune homme a bu et s’est mis à insulter sa sœur. Le père et Kévin*, un demi-frère, sont intervenus pour maîtriser Salvatore. Mais dans le feu de l’action, ils se sont pris des coups et le père s’est fait attraper à la gorge par son fils. “On aurait dit une bête affolée”, d’après une demi-sœur. Au point qu’il a fallu appeler la gendarmerie.
Lors de l’audience de comparution immédiate, ce 10 février, le président Barry souligne que Salvatore se trouve en état de récidive suite à une condamnation en juin 2023. Il indique aussi que depuis janvier 2024, les militaires ont dû se présenter au domicile familial à huit reprises pour des altercations du même type.
La famille ne réclame aucun dédommagement
“J’ai un problème avec l’alcool”, reconnaît Salvatore, “je le sais. Je regrette. C’est une honte tout ça.” Son père n’a pas souhaité déposer plainte. D’ailleurs, personne n’a voulu l’enfoncer. “Quand il n’a pas bu, il est très bien avec tout le monde”, indique la belle-sœur du prévenu. Kévin se présente à la barre et ne réclame aucun dédommagement. Il souhaite juste que son demi-frère puisse se soigner. “Je représente aussi mon père qui ne veut pas le voir comme ça. Il a cinquante-huit ans”, ajoute le jeune homme, “pour mes parents, c’est plus vivable des crises comme ça”.
Un total de treize mois de prison requis
La substitut Dalbera explique avoir choisi la comparution immédiate comme mode de poursuite à cause de l’état de récidive, et aussi pour “protéger les personnes les plus faibles”. Elle évoque “des victimes qui n’osent pas déposer plainte”. “Le risque de renouvellement est évident”, poursuit la magistrate qui requiert donc une peine de dix mois de prison avec incarcération immédiate en plus de la révocation du précédent sursis à hauteur de trois mois. Elle sollicite, enfin, une interdiction de paraître au domicile des parents pendant deux ans.
“C’est pas un mauvais gars, mais il a cette problématique alcoolique qu’il a minimisée”, plaide maître Buguet, “on voit qu’il est torturé”. L’avocat réclame au tribunal de prononcer un aménagement de peine, soulevant que la famille de son client “est mobilisée derrière lui”.
Neuf mois de prison avec incarcération immédiate
Le jeune homme écope d’une peine de sept mois de prison avec incarcération immédiate en plus de la révocation de son sursis à hauteur de deux mois. Il lui sera aussi interdit de paraître au domicile parental pendant une année.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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