Emerchicourt. Après avoir fini dans le fossé, il s’en prend aux gendarmes

Temps de lecture : 3 minutes

Un Anichois de vingt-sept ans a été condamné ce 10 février à un an de prison pour avoir, trois jours plus tôt, violenté et outragé des militaires alors qu’il venait de causer un accident, en état d’ivresse, à Emerchicourt.

Image d’illustration par Rico Löb de Pixabay

En récidive et en état d’ivresse

Ce 7 février, Tanguy* a bu du whisky le midi et en début d’après-midi sur le chantier dans lequel il travaillait. Ensuite, l’intérimaire a pris la camionnette de l’entreprise pour se retrouver dans le fossé, rue de l’égalité à Emerchicourt, un peu plus tard. C’est là que des gendarmes postés à Bouchain l’ont découvert, toujours en état d’ivresse. En récidive suite à une condamnation d’avril 2024, Tanguy a pris conscience des conséquences de ses actes et… en a donc rajouté en s’énervant contre les militaires: “J’ai envie de te frapper, sale facho ! […] Je vais te retrouver ! Tu vas niquer ma vie”. Les outrages et les menaces fusent. Les coups et les crachats aussi.

« Ils ont bien fait de m’arrêter »

Lors de son jugement, Tanguy, cheveux courts, barbe brune, ne cesse de tripoter son micro, nerveux. “Je me sentais prêt à conduire le camion, sinon je ne l’aurais pas pris”, assure-t-il. Le prévenu reconnaît cependant les faits : “J’ai honte de moi-même. Quand je bois, je peux être très con”. La représentante du ministère public lui fait remarquer qu’il a commencé par reprocher aux gendarmes de ne pas s’en prendre aux vrais délinquants. “Quand je bois, je pense être un bon citoyen”, réagit le jeune homme, “mais ils ont bien fait de m’arrêter”.

Tanguy se trouve sous le coup d’un sursis probatoire, qui se passait bien jusque-là, pour des faits similaires mais commis à l’encontre de policiers. “Je respecte les forces de l’ordre. Il n’y a aucun souci”, assure cependant le jeune homme.

A la barre, l’un des gendarmes malmenés se présente pour confirmer ses déclarations. Il soulève par ailleurs que lui et ses collègues avaient enclenché leurs caméras embarquées. “La caméra, des fois, c’est bien, ça peut apaiser les choses”, commente le militaire, “mais là, visiblement, ça ne l’a pas calmé”.

Treize mois de prison requis

“De plus en plus de personnes s’en prennent de façon totalement gratuite aux forces de l’ordre”, constate la substitut Dalbera, “c’est inacceptable”. Elle requiert donc une peine de dix mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation du précédent sursis à hauteur de trois mois, la suspension du permis pour six mois et une amende de 200 euros pour le défaut de maîtrise.

“C’est quelqu’un d’inséré, qui a une vie familiale”, plaide maître Buguet qui considère cependant que l’ivresse manifeste ne peut être retenue dans ce dossier. “On n’est pas face à quelqu’un qui est dangereux, qui pourrait tuer un gendarme”, estime l’avocat qui demande à réduire le quantum requis et permettre à son client de bénéficier d’un bracelet électronique pour que son client puisse continuer à travailler et soigner sa problématique alcoolique.

Une peine qui lui permet de continuer à travailler

Le tribunal y a fait droit puisque Tanguy écope de douze mois de prison qu’il pourra effectuer en détention à domicile sous surveillance électronique. Son permis est suspendu pour un mois et il devra s’acquitter de 200 euros d’amende, en plus d’un total de 800 et 500 euros pour les deux victimes. Le président Barry lui explique que les juges ne veulent pas le désinsérer professionnellement et lui accordent donc une “dernière chance” : “Le prochain écart, ce sera la case prison”, avertit néanmoins le magistrat.

* prénom(s) d’emprunt

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Les chiffres de la délinquance à Emerchicourt.

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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