Marly. En litige avec son patron, il prend ses outils “en otage”

Temps de lecture : 3 minutes

Un trentenaire a été condamné ce 23 mai par le tribunal correctionnel de Valenciennes pour des faits de vol. En effet, il avait gardé dans son garage près de 20 000 euros de matériel qui appartenait à son employeur, avec qui il avait un différend financier.

Il garde environ 20 000 euros de matériel dans son garage

À la barre, Timothée*, cheveux châtains, barbe et veste noire, fait montre d’une certaine véhémence à l’égard de son ancien employeur. Le conducteur de travaux assure que ce dernier lui devait de l’argent, l’été dernier, alors qu’ils s’étaient pourtant mis d’accord sur une rupture conventionnelle du contrat qui les liait depuis plusieurs années. Alors, Timothée a gardé les 20 000 euros de matériel qu’il entreposait dans son garage entre le 30 juillet et le 3 octobre. Le président Ott résume les faits en parlant de “prise d’otage d’outils”.

“J’ai fait les choses à ma manière, très mal”, reconnaît le trentenaire qui a, depuis, été licencié. Il a cependant créé sa propre entreprise en janvier… qui se trouve déjà en litige avec son ancien employeur pour d’autres faits. Son casier comporte deux mentions, sans rapport avec le dossier.

“On essaie de vous faire croire que c’est presque un geste chevaleresque”, s’agace l’avocate de la partie civile, qui reproche à Timothée de dépeindre son ancien employeur comme une personne malhonnête, sans en apporter la moindre preuve. “On ne se fait pas justice soi-même”, martèle l’avocate qui parle de “trahison” et réclame un renvoi aux intérêts civils pour fixer le montant du préjudice, bien que le matériel ait déjà été restitué.

Pour que Chroniques Judiciaires Valenciennoises puisse continuer à exister et en accès libre, faites un don ponctuel ou régulier sur Tipeee.
« Le pot de fer contre le pot de terre » ?

De son côté, maître Belkébir estime que le vol n’est pas caractérisé puisque, selon lui, Timothée n’a jamais eu l’intention de faire un usage personnel du matériel qui se trouvait, du reste, déjà dans son garage et n’en a pas bougé. “On a un peu le pot de fer contre le pot de terre”, poursuit l’avocat, qui dénonce un employeur “sans scrupule” qui ne payait pas les heures supplémentaires ni les primes. Il réclame donc la relaxe et s’étonne que le plaignant ait besoin d’un renvoi aux intérêts civils alors qu’ils ont eu six mois pour chiffrer l’éventuel préjudice.

Une peine de sanction-réparation

Le tribunal prononce une peine de sanction-réparation qui contraint Timothée à indemniser la partie civile dans un délai d’un mois une fois que l’audience de liquidation aura fixé le préjudice. Faute de quoi, le trentenaire écopera de deux mois de prison. Le parquet avait requis six mois de prison avec sursis simple et une amende de 500 euros.

* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

Vous pouvez commenter cet article et suivre l’actualité du site sur nos réseaux sociaux : Facebook, et désormais Instagram/Threads.

Pour toutes remarques ou suggestions, envoyez-nous un mail.

Pour que Chroniques Judiciaires Valenciennoises puisse continuer à exister et rester en accès libre, vous pouvez donner via cette page, ou la partager : https://fr.tipeee.com/chroniques-judiciaires-valenciennoises/

Ressources


Les chiffres de la délinquance à Marly.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal ou prenez contact avec le Service d’Aide aux Victimes au 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr

Oh bonjour
Ravie de vous rencontrer.

Inscrivez vous pour recevoir chaque mois gratuitement nos dix derniers articles dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Partagez cet article :

Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

Vous aimerez aussi...