Valenciennes. Un prévenu ravi… que les juges ne l’aient pas écouté
Ce 12 septembre, deux hommes comparaissaient pour une série de vols de voitures qui auraient été commis en 2023. Sauf que le tribunal a préféré renvoyer le dossier, au grand dam de l’un des prévenus, qui tenait absolument à être jugé tout de suite.

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Un dossier volumineux
Avant même l’arrivée dans le box des prévenus, la présidente Gosteau indique que leur procès ne pourra se tenir ce 13 septembre. En effet, l’avocate de Rachid* n’a été saisie par le bâtonnier que le matin même pour représenter le trentenaire. Or, le dossier comporte environ 1200 pages, selon la magistrate. Impossible de l’avoir sérieusement étudié en si peu de temps. L’avocate en question, maître Tiabou Tiomela, est bien d’accord avec la présidente, mais… elle ne parvient pas à le faire entendre à Rachid : “Je n’ai pas besoin d’avocat, c’est gentil, maître. Oui, je suis sûr !”.
Le substitut Beaupré intervient à son tour : “Il y aurait un déséquilibre dans ce dossier. Surtout que monsieur encourt dix ans de prison”. Mais Rachid n’en démord pas. Le tribunal se concerte pour savoir que faire, et tranche, rapidement : le dossier sera jugé le 26 septembre. Rachid s’emporte : “On dirait que c’est un jeu pour vous ! Je suis pas là pour jouer, je veux me défendre sans avocat ! Vous avez pas envie de vous faire chier ! C’est une mascarade !”. À deux doigts de commettre un outrage, il baisse la tête et se renfrogne.
Des vols de voitures à Valenciennes, Prouvy et Thiant
À ses côtés, Théodore* et son avocat sont en état d’être jugés, mais ils se plient à la décision du tribunal, qui rappelle que les deux prévenus comptent dix mentions sur leurs casiers et se trouvent en état de récidive. Quant aux faits, il s’agit de vols ou tentatives de 508, CHR, 2008 et 308 à Valenciennes, Prouvy, Thiant en novembre 2023. Tous deux ont été placés en détention provisoire depuis le 10 juillet dernier.
Le parquet requiert le maintien en détention dans l’attente du jugement, craignant concertation et une fuite des mis en cause. En défense, les avocats soulignent l’ancienneté des faits et plaident pour un contrôle judiciaire.

“Hé ben d’un coup, il est moins agacé qu’on ne retienne pas son dossier”
Et, à la surprise générale, le tribunal y fait droit : les deux prévenus sont relâchés avec néanmoins des interdictions de contact entre eux, de paraître dans le Valenciennois, de sortir du pays et des obligations de pointage au commissariat deux fois par semaine, ainsi que de fixer leur résidence. Dans le box, les deux hommes se regardent, incrédules, puis affichent un sourire jusqu’aux oreilles. “Hé ben d’un coup, il est moins agacé qu’on ne retienne pas son dossier”, souligne la présidente Gosteau. Dans la salle, la compagne de Rachid assure que ce dernier sera bien là le 26 septembre pour être jugé.
Tous deux contestent les faits qui leur sont reprochés.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
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Ressources
Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, ou rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal : prise en charge du lundi au vendredi 8h30 -12h / 13h30 – 16h30 sav.valenciennes@primtoit.org 03.59.38.43.19 ou 03.27.20.26.26 ou directement au TJ 6 avenue des Dentellières 59300 Valenciennes.






