Valenciennes. Seize mois ferme pour un refus d’obtempérer en état d’ivresse sur un cyclomoteur

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Alors qu’il avait déjà près de deux grammes d’alcool dans le sang, ce Valenciennois est ressorti sur son cyclomoteur pour racheter de la vodka dans la nuit du 6 juillet. Il a ensuite tenté d’échapper à la police. Lors de son passage en comparution immédiate, le 9 juillet, il était représenté par maître Coulon.

Image par Aristal Branson de Pixabay

Un ripeur avec quinze mentions sur son casier

Blond, les cheveux très courts, les épaules larges, dans le box des prévenus, Romain*, trente-trois ans, porte un sweat blanc. Il exerce le difficile métier de ripeur et devait signer en CDI fin juillet. Son casier portait déjà quinze mentions sur son casier et il avait déjà été condamné en juin dernier pour des violences à huit mois de prison ferme sous bracelet électronique. En couple, il a un enfant. Le 9 juillet, il a été jugé en comparution immédiate pour conduite en état alcoolique et refus d’obtempérer.

Les faits

Le 6 juillet, il a voulu « faire une soirée » avec son amie d’enfance, en rentrant du travail. Romain reconnaît avoir bu cinq verres de vodka. « Ma copine m’a demandé d’aller chercher une autre bouteille », explique-t-il. Comme il se sentait en état de conduire, il a pris son cyclomoteur, a embarqué l’amie derrière lui, en lui donnant son seul casque et ont acheté leur bouteille. C’est sur le retour, rue de Lille, qu’une patrouille a voulu le contrôler. Mais Romain a préféré tenter de leur échapper, en grillant des feux, en roulant à contresens, sur le trottoir… Au bout d’un moment, il a abandonné son véhicule et pris la fuite à pied. Les fonctionnaires ont alors pu l’interpeller. « J’ai fait le con, c’est tout. Je voulais pas me faire encore arrêter pour ça », s’explique-t-il face à ses juges. Dans ses auditions, son amie a assuré lui avoir demandé de s’arrêter, étant terrorisée à l’arrière. « Elle me disait “roule, roule, roule !”. Elle me disait pas d’arrêter. », peste Romain. Selon lui, c’est encore elle qui a insisté pour qu’il boive. « J’ai un travail en or, j’ai ma fille, je sais vraiment pas pourquoi j’ai fait ça », conclue celui-ci.

Les débats

La représentante du parquet évoque, donc, « une reconnaissance à demi-mot : c’est pas de sa faute. ». « Il a mené une course effrénée qui s’est terminée au niveau du chemin de fer. Monsieur a mis le chaos sur la route », poursuit la magistrate qui note que le prévenu ne se saisit pas des « mains tendues » de la justice en ne respectant pas ses obligations. Elle requiert donc une peine de dix mois avec maintien en détention en plus de la révocation d’un sursis à hauteur de deux mois.

« Il assume », réagit notamment Me Coulon, « il se rend compte qu’il est en train de tout perdre ». Appuyant sur son métier, elle le présente comme « quelqu’un de courageux ».

Le délibéré

Le tribunal a fixé la sanction à six mois de prison ferme en plus de la révocation à hauteur de dix mois du sursis, avec maintien en détention. Son véhicule a également été confisqué.

* prénom(s) d’emprunt

Ressources

Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ? https://www.alcool-info-service.fr/

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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