Valenciennes. Condamné pour avoir blessé un policier lors d’un refus d’obtempérer
Dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 mai, un Douchynois a renversé un policier municipal qui voulait le contrôler avant de prendre la fuite au volant de sa C4, sous protoxyde d’azote, à plus de cent kilomètres-heure.

Le contexte
À entendre Djamel*, qui a comparu ce 22 mai en comparution immédiate, il ne serait qu’un paisible gérant d’un salon de coiffure et agent commercial, issu d’une bonne famille, qui aurait commis un grave écart de conduite à cause du protoxyde d’azote. Il a d’ailleurs passé l’audience à se tenir le cœur à cause de l’angoisse, à faire une crise d’asthme, à pleurer. Sauf que les magistrats ont rappelé que le jeune homme de vingt-sept ans a déjà été condamné à de multiples reprises avec notamment deux refus d’obtempérer sur son casier. Quant à son salon de coiffure, le parquet lui a fait remarquer que celui qui est censé travailler pour lui comme coiffeur depuis décembre… est en réalité incarcéré depuis août.
Les faits
En ce qui concerne les faits pour lesquels il était jugé, ils ont eu lieu ce 18 mai en pleine nuit. Djamel aurait été agressé par un autre automobiliste sous le regard de la police municipale de Valenciennes via les caméras de vidéosurveillance. Les fonctionnaires sont alors intervenus boulevard Froissart pour contrôler les deux véhicules. Mais Djamel, dans la C4, a accéléré alors qu’un policier tentait de passer sa main dans l’habitacle de son véhicule. Ce dernier a été projeté au sol. Ensuite, Djamel a été poursuivi par plusieurs équipages vers Anzin puis Petite-forêt où il a pris l’autoroute vers Valenciennes puis vers Paris. Au niveau de Prouvy, il est sorti pour se diriger vers Douchy, où il s’est arrêté dans une impasse. Là, il a quitté son véhicule pour se réfugier chez ses parents. Il a fini par en sortir pour se rendre vers 2 h 45. Selon les fonctionnaires, Djamel a roulé à 100 kilomètres-heure en ville et à plus de 150 sur l’autoroute, prenant tous les risques, grillant, les feux, les stops… Pourtant, Djamel semblait parfaitement en règle, aucune consommation de stupéfiants n’a été relevée, pas plus que d’alcool. « J’ai pris du protoxyde d’azote, j’ai complètement perdu pied », s’est expliqué le prévenu, « je me suis rendu compte seulement après que c’était la police. »
« Il était parfaitement en règle, pour une fois »
Le substitut du procureur
Le fonctionnaire blessé affiche trente-trois ans de carrière dans la police et gère la brigade de nuit à Valenciennes. Il s’est présenté à la barre, le bras gauche en écharpe, avec une incapacité totale de travail fixée à six jours. Sa réaction aux excuses que Djamel a réitérée tout au long de l’audience ? « J’y crois pas trop ». Son arrêt de travail pourrait être prolongé.
Les débats
« Il était parfaitement en règle, pour une fois », a tancé le représentant du parquet, qui se demande, alors, pourquoi Djamel a pris la fuite. Le magistrat a requis un total de trois ans de prison, au vu du « profil particulièrement inquiétant » du jeune homme.
« La procédure, c’est le ras des pâquerettes », a répondu Me Harir, du barreau de Paris avant d’appuyer sur les lacunes du dossier. Il s’est également demandé pourquoi le protoxyde d’azote n’a pas été classé parmi les stupéfiants, estimant qu’il peut provoquer des hallucinations.
Le délibéré
Le tribunal a fixé la condamnation à trente-six mois de prison, dont dix-huit avec sursis probatoire. Le maintien en détention a été prononcé pour la partie ferme. Djamel devra enfin indemniser le policier pour un total de 2000 euros, et la ville de Valenciennes pour 1281 euros.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
En 2023, 371 plaintes ont été enregistrées à Valenciennes (44 000 habitants) pour des violences hors cadre familial. En 2022, ce chiffre s’élevait à 360. (Source: https://ville-data.com/delinquance/Conde-sur-l-Escaut-59-59153 )
Des questions par rapport à votre consommation de stupéfiants ou celle de vos proches ? https://www.drogues-info-service.fr





