Onnaing. Soixante-deux appels et messages par jour : le harcèlement aboutit à une condamnation pénale
Ne supportant pas la rupture avec sa compagne, cet Onnaingeois de cinquante-sept ans lui a fait vivre l’enfer pendant près d’un an. Après trois plaintes, il a été interpellé et jugé ce 22 octobre.

Malgré trois plaintes et un contrôle judiciaire
Leur relation n’aura duré que dix-huit mois. Quand Sylvie* y a mis fin, Gérard* ne l’a pas supporté. Deux mois plus tard, en décembre 2025, elle dépose une première plainte pour harcèlement : il l’appelle, alors, une vingtaine de fois par jour, ou lui envoie des textos, alors qu’elle l’a pourtant bloqué sur tous ses réseaux sociaux. Il a gardé le chien de Sylvie, et refuse de le lui rendre. En avril, elle dépose de nouveau plainte : Gérard s’était planté devant le domicile de sa victime pendant une heure, insistant pour la voir, lui parler. Elle avait dû appeler la police pour le déloger. La dernière plainte date de juin 2026. Sylvie fait alors état de troubles psychologiques très importants, notamment au niveau de l’anxiété. Les autorités l’ont alors orientée vers la Maison des femmes.
Gérard est quant à lui placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact et de se présenter au domicile de son ex. Il ne lui aura pas fallu longtemps avant de réitérer, et donc de se faire incarcérer dans l’attente de son procès qui s’est tenu ce 22 octobre.
- Victimes de violences sexistes et sexuelles : composez le 3919 (gratuit, 24h/24, anonyme) ou signalez en ligne sur arretonslesviolences.gouv.fr.
- Maltraitance infantile : contactez L’Enfant Bleu ou le 119.
- Auteurs de violences conjugales (prévention du passage à l’acte) : 08 019 019 11.
- Détresse psychologique : Numéro national de prévention du suicide au 3114.
« Il s’agirait de comprendre la leçon… »
La présidente Gosteau a fait le compte des appels avec une moyenne de soixante-deux fois par jour sur l’ensemble de la prévention. « Ça commence à faire beaucoup », commente-t-elle. Dans le box, Gérard reconnaît les faits, mais se trouve des excuses : il n’a pas eu d’explication à la rupture, « la première personne qui a repris le contact, c’est elle »… « Il y a des gens comme ça, qui vous brisent le cœur, ça arrive à plein de monde et ça ne justifie pas ce harcèlement », réplique la juge, « il s’agirait de comprendre la leçon ».
Le casier du prévenu ne comporte aucune mention. Handicapé, il ne travaille pas, et se plaint d’avoir subi des violences au cours de sa détention provisoire.
La représentante du parquet souligne que Gérard a été averti à de nombreuses reprises que madame ne souhaitait plus de contact avec lui, ce qui ne l’a pas empêché de continuer. Pour cette raison, elle estime qu’un sursis simple sera insuffisant pour le sanctionner. Le parquet réclame donc une peine d’un an de prison avec sursis probatoire.
« Il a honte de son comportement », assure maître Lejuste, en défense. L’avocate précise qu’il s’agit de la « première vraie relation » de son client et qu’il avait besoin d’explications pour passer à autre chose : « il s’est retrouvé complètement déstabilisé ». Et ce, alors qu’il n’a plus de famille, plus d’amis : « madame, c’était tout son monde ». Maître Lejuste trouve le sursis probatoire adapté à la situation, mais plaide pour un quantum moindre. Son client lui a cependant demandé de ne pas discuter les demandes indemnitaires de la victime.
Pour connaître vos droits, préparer une constitution de partie civile ou obtenir un soutien psychologique gratuit :
- Numéro national d’aide aux victimes : 116 006 (7j/7, appel gratuit).
- Bureau d’aide aux victimes (TJ de Valenciennes) : SAV Primtoit, 6 avenue des Dentellières. Du lundi au vendredi (8h30-12h / 13h30-16h30) – 03 59 38 43 19 ou 03 27 20 26 26 (sav.valenciennes@primtoit.org).
- Démarches et formulaires : Portail officiel Justice.fr.
Six mois de prison avec sursis simple
Le tribunal prononce la peine de six mois de prison avec sursis simple en plus d’interdictions de contact et de se présenter au domicile de sa victime pendant trois ans, avec exécution provisoire. Il devra également verser un total de 1800 euros à la partie civile.
* Prénom(s) d’emprunt. Sauf exception légale, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges. Tout prévenu non condamné définitivement reste présumé innocent. Les personnes condamnées disposent d’un délai de 10 jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
Statistiques locales : Pour élargir votre vision des problématiques de sécurité, vous pouvez consulter les données et classements de la délinquance sur Ville-Data ou suivre les indicateurs spécialisés de L’Internaute.
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