Onnaing. “Honteux” de sa récente condamnation, il s’alcoolise et agresse sa famille

Temps de lecture : 3 minutes

Ce trentenaire a été condamné le 30 mai à une peine de travail d’intérêt général pour des violences sur sa belle-sœur. Six jours plus tard, c’est à sa mère et à sa sœur qu’il s’en est pris, toujours sous l’empire de l’alcool.

Image par Aristal Branson de Pixabay

Le contexte

“Je ne pensais pas vous revoir si vite”, a déploré la présidente Gosteau avant d’entamer ce nouveau procès. Dans le box des prévenus, Ryan*, trente-et-un ans, les cheveux bruns très courts, n’en mène pas large. Il faut dire que le 30 mai, il avait comparu devant cette même présidente pour des violences commises le 4 octobre 2023. Comme il avait été placé sous bracelet électronique à sa sortie de détention, il avait alors fixé sa résidence chez son frère, à Vieux-Condé.

Mais, le 2 novembre, Ryan s’est massivement alcoolisé et, sans raison, il a asséné une claque sur les fesses de sa belle-sœur pour ensuite la gifler. Son bracelet électronique lui a donc été retiré, il s’est retrouvé en détention puis SDF quand il s’est présenté à son procès pour ces faits, le 30 mai dernier. Il n’a gardé aucun souvenir de ses violences, mais ne les a pas contestées. “À la base, je suis pas violent, mais quand je bois, je fais de la merde”, s’est-il lamenté à la barre. Ryan a même indiqué préférer être en prison pour lui éviter de nouveaux dérapages.

Il a cependant accepté le travail d’intérêt général proposé par le tribunal, pour l’aider à se réinsérer, mais sans garantir sa capacité à s’en acquitter. Le tribunal l’a fixé à 105 heures avec une peine de trois mois de prison en cas de manquement. “Je suis désolé d’être un abruti”, a lancé Ryan avant de quitter la salle.

Les (nouveaux) faits

Le 6 juin, Ryan pointe au commissariat dans le cadre d’un contrôle judiciaire pour encore d’autres faits. “Honteux” de cette précédente condamnation, il s’achète des bières, s’enivre massivement et se rend chez sa mère, à Onnaing, malgré l’interdiction de contact. Là, les insultes fusent, il ravage la maison, brise une vitre avec une barre de fer, casse une cafetière et assène des coups de pied à sa sœur. Son casier portait déjà trois mentions pour des violences à l’encontre de sa mère. Là encore, il ne se souvient de rien, mais sait que sa sœur n’a pas menti. “Je mérite la prison. Chaque fois que je suis dehors, je commets les mêmes faits. Mettez-moi une belle peine comme ça j’aurai le temps de réfléchir et ça me fera une cure”, a lancé Ryan depuis le box des prévenus, lors de son passage en comparution immédiate, ce 10 juin. “Je suis un peu désabusée”, a réagi la présidente Gosteau. La sœur ne réclame rien, sinon que Ryan se fasse soigner. 

Les débats

Le parquet s’inquiète de cette “personnalité explosive” pour laquelle la magistrate ne voit aucune “évolution positive”. Cette dernière a requis dix mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation d’un précédent sursis de six mois, ainsi qu’une nouvelle interdiction de contact avec la maman.

“Quand on souffre d’une addiction, c’est compliqué”, a plaidé Me Lejuste pour qui, “la difficulté, c’est pas la prison, c’est la sortie”. Elle a donc demandé à ce que son client soit contraint à se soigner.

Le délibéré

Le tribunal a fixé la peine à un an de prison en plus de la révocation du sursis à hauteur de deux mois. Il devra indemniser sa maman à hauteur de 1000 euros. À sa sortie, il lui restera son travail d’intérêt général à effectuer. “Vous ne me reverrez plus”, a lancé Ryan à sa sœur, avant de rejoindre sa cellule.

* prénom(s) d’emprunt

Ressources

En 2023, 57 plaintes ont été enregistrées à Onnaing (8726 habitants) pour des violences intrafamiliales. En 2022, ce chiffre s’élevait à 58. (Source: https://ville-data.com/delinquance/Conde-sur-l-Escaut-59-59153)

Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ? https://www.alcool-info-service.fr/

Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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