Valenciennois. Malgré les peines de prison, le sexagénaire continue à “empoisonner” la vie de son ex
Le 6 mars, le tribunal l’avait condamné à six mois de prison avec bracelet électronique pour avoir violé l’interdiction de contact avec son ex. Le 10 avril, il a encore récidivé, ce qui lui vaut dix mois de prison de plus et ce qui porte le total à soixante mois pour des faits à l’encontre de son ex.

Le contexte
Avec ses cheveux et sa longue moustache blanche, René* a l’apparence d’un paisible papy. Sauf que le casier du sexagénaire compte dix-sept mentions, dont sept pour des faits commis à l’encontre de son ex: harcèlement, appels téléphoniques malveillants, violation d’une interdiction de contact… Cinquante mois de prison, au total. Le divorce a été prononcé en 2022, après quarante-trois ans de vie commune, mais René ne veut rien entendre: “pour moi, c’est toujours mon épouse”.
Les faits
Le 18 septembre, déjà, il a été condamné à huit mois de prison avec maintien en détention et interdiction de contact avec son ex pendant trois ans. Le 6 mars, il a été condamné pour avoir déposé des fleurs et un mot au domicile de son ex, pour la fête des grands-mères, en violation de l’interdiction de contact et de se présenter à son domicile. En comparution immédiate, la présidente Gosteau s’était déjà montrée désemparée, mais elle lui a accordé la faveur d’un bracelet électronique pour purger ses six mois de prison supplémentaires. René ne s’est même pas présenté au rendez-vous pour poser ledit bracelet.
Et le 10 avril, il a posé un nouveau mot sur le portail de son ex, pour lui demander la copie du livret de famille. “Madame vit constamment dans la peur”, a plaidé l’avocate de la victime, listant les précédents messages que la dame reçoit depuis plusieurs années, autrement plus menaçants que les derniers. “Le seul moment où elle est tranquille, c’est quand il est en détention”.
Les débats
“Je ne comprends pas ses intentions de me quitter après quarante-trois ans de mariage”, s’entête René, qui assure qu’il recommencera dès qu’il ressortira de prison. Face à cette “obstination”, le parquet requiert une peine de quinze mois de prison avec maintien en détention.
“Il n’y a jamais eu de faits de violences”, a souligné Me Lejuste, pour la défense, rappelant par ailleurs que René a encore douze mois de prison à purger. Elle a demandé au tribunal de “l’inscrire dans un parcours de soins”.
La décision du tribunal
Le tribunal a fixé la peine à dix mois de prison avec maintien en détention, une peine assortie d’une nouvelle interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime pendant cinq ans. Il devra également indemniser celle-ci à hauteur de 3000 euros. “Passez à autre chose, lui a suggéré la présidente Gosteau, vous ne gagnerez pas”. “On reviendra”, lui a simplement répondu René.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage. https://arretonslesviolences.gouv.fr/
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr





