Pays de Condé. Un trentenaire condamné pour avoir touché la poitrine de sa jeune nièce
Le tribunal a condamné le prévenu, jusque-là inconnu de la justice, à six mois de prison avec sursis simple pour le dissuader de recommencer à commettre des agressions sexuelles.

Le contexte
Visiblement mal à l’aise, Mathias* s’avance à la barre dans un sweat noir. Il a les cheveux bruns et est mal rasé. Son casier est encore vierge, il travaille et a deux enfants de sept et deux ans. Quelques mètres derrière lui, assise sur un banc, se trouve sa victime, Cindy*, désormais âgée de dix-huit ans. Elle reste impassible, mais on peut deviner de la colère dans son regard. À ses côtés, ses proches ont tous aussi le regard planté dans le dos du prévenu, qui doit pourtant s’expliquer sur les faits.
Les faits
Le 21 avril 2021, il reçoit l’adolescente à son domicile. Les parents de Cindy sont en train de se séparer, alors l’adolescente se confie à Mathias, en qui elle avait confiance. Elle lui parle de sa peine, de ses angoisses. Elle pose sa tête sur ses genoux et il la lui caresse, pour l’apaiser. Mais, très vite, sa main se décale sur la poitrine de Cindy. Un peu plus tard, l’homme lui envoie des SMS pour s’excuser, mais aussi pour se justifier, en indiquant qu’il voulait tester ses limites, voir ce qu’elle était prête à accepter.
De peur de voir éclater un peu plus sa famille, Cindy a gardé le silence pendant près d’un an. “Elle a beaucoup culpabilisé”, expliquera Me Pamart, son avocate qui l’a présentée comme “quelqu’un de très pudique”.
Placé en garde à vue, Mathias a immédiatement reconnu les faits. Il a également indiqué avoir subi des faits similaires quand il avait onze ou douze ans. “Au moment où j’ai fait l’acte, je me suis demandé ce que je faisais”, a expliqué celui qui est donc passé de victime à agresseur, devant les enquêteurs. “J’ai complètement perdu la tête”, a-t-il poursuivi, justifiant avoir entamé un suivi avec un psychologue dès la fin de ses auditions. Depuis, Cindy et sa famille n’ont plus de contact avec l’oncle par alliance, ni avec la tante, restée avec lui malgré tout.
Les débats
“J’aimerais qu’elle entende qu’elle n’a aucune part de responsabilité”, a insisté la substitute Dalbera à l’adresse de Cindy. La magistrate a requis une peine d’avertissement de huit mois de prison avec sursis simple en plus de l’interdiction de toute activité en lien avec des mineurs et l’inscription au FIJAIS.
Sur ce dernier point, Me Lambert a souligné que cette peine, obligatoire pour ce type de faits, va déjà contraindre son client à justifier de son adresse au commissariat tous les ans pendant trente années. Il a donc demandé au tribunal de réduire le quantum de la peine.
Le délibéré
Le tribunal y a fait droit en validant les réquisitions du parquet, mais en portant le quantum à six mois avec sursis plutôt que huit. Mathias devra également indemniser Cindy à hauteur de 2000 euros de préjudice moral.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 29bis Boulevard Carpeaux 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26





