Valenciennes. Quatre ans de prison ferme pour quatre agressions sexuelles sur des ados
Après son séjour en prison, ce Valenciennois originaire du Cameroun se verra appliquer une interdiction de paraître sur le territoire français, comme décidé par le tribunal ce 9 octobre, pour des agressions sexuelles sur quatre très jeunes femmes.

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Sous contrôle judiciaire au moment des faits
Arrivé en France en 2021 à l’âge de 16 ans en tant que mineur isolé, Hossam* se présente dans le box, sous escorte, le visage fermé, les bras croisés. Il bénéficie d’un titre de séjour jusqu’en 2025, mais sa précédente condamnation à 18 mois de prison ferme, récemment confirmée en appel, pour des faits d’agression sexuelle sur la mère de son enfant, doit déjà remettre en cause sa présence sur le territoire. Et cette fois, il doit répondre de quatre autres agressions. Le jeune homme de 19 ans avait pourtant réussi à s’insérer dans la société, avec un studio et un travail.
Tout part de la plainte de Tina* déposée le 13 juillet dernier, avec son père. La jeune femme de 16 ans, à la situation familiale très compliquée, avait passé la soirée de la veille avec son compagnon et des amis chez Hossam. Là, très alcoolisée, elle s’est allongée dans le lit. Elle est réveillée par des attouchements imposés par le prévenu, pendant que son compagnon se trouvait dans la salle de bain, à parler avec Cindy*, qui venait elle aussi d’être victime d’Hossam. Cette dernière assure qu’il a voulu la forcer à une fellation.
Une fois les faits révélés, la petite sœur de Tina âgée de 13 ans, Cameron*, a aussi témoigné avoir été agressée par le jeune homme à une autre occasion. Alors qu’elle avait fugué, l’adolescente avait trouvé refuge chez lui et il avait profité de son sommeil pour lui toucher la poitrine. Enfin, Chloé*, une autre amie du groupe, a indiqué qu’après avoir fait la fête dans un café de Valenciennes, elle est partie chez Hossam, croyant que Tina et son père les suivaient. Là encore, il l’a touchée, mais la jeune femme s’est défendue en lui mettant une claque avant d’appeler ses amis pour qu’ils viennent la chercher.
En tout, donc, quatre agressions à l’encontre de quatre victimes, entre le 1er novembre 2023 et le 13 juillet 2024.

Un prévenu qui nie en bloc
“J’ai jamais fait de mal à une mouche”, répète le prévenu lors de son procès, “la vraie victime, dans l’histoire, c’est moi !”. Même l’agression de sa compagne, pourtant confirmée en appel, est contestée. “Ce que vous dites ne correspond pas avec ce que disent tous les autres”, tente la présidente Laurence Gosteau. La vice-procureure enfonce le clou en soulignant que trois victimes sur quatre ne souhaitaient pas déposer plainte à l’origine. Si elles ont dénoncé les faits, c’est parce qu’elles ont été entendues suite à la plainte de Tina.
“Je n’ai pas porté plainte parce que j’ai su me défendre, et puis surtout, par rapport à mes parents”, abonde Chloé, “pourquoi j’aurais inventé tout ça ? C’est inutile.”
“Je n’irais jamais inventer des choses aussi graves”, confirme Tina à la barre, “je ne peux pas laisser d’autres femmes se faire agresser par cet homme, parce que c’est dégueulasse ce qu’il a fait”. La jeune femme explique avoir été placée, à cause de ses importantes difficultés familiales. Elle fait état d’insomnies quand elle est seule, de crises d’angoisse.
Marie-Odile Debaermaker, qui représente les services sociaux, vient également à la barre pour parler de Cameron, la plus jeune, qui ne s’est pas déplacée à l’audience : “elle est très abîmée”. De fait, l’adolescente refuse tout placement et multiplie les comportements à risque. Pour les trois victimes qui se sont constituées partie civile, Tina, Cameron et Chloé, maître Dartigeas réclame entre 15 000 et 30 000 euros de dommages et intérêts.

Quatre ans de prison et une interdiction de territoire requis
Face aux parties civiles, la vice-procureure Mélanie Mazingarbe tient d’abord à saluer le courage de Tina pour avoir porté cette procédure, alors qu’elle était amie de longue date avec Hossam jusqu’aux faits. Elle s’est ensuite adressée à lui : “monsieur n’a absolument pas compris le principe du consentement”. Et d’égrainer les nombreux témoignages, indirects, qui viennent démontrer la culpabilité du prévenu. La magistrate rappelle par ailleurs qu’il a commis ces agressions alors qu’il se trouvait sous contrôle judiciaire, depuis avril 2024, pour les faits à l’encontre de sa compagne. Comme il estime être “la vraie victime” dans ce dossier, le parquet voit en lui “quelqu’un qui ne se remet absolument pas en cause”. La vice-procureure requiert donc 4 ans de prison avec maintien en détention en plus d’une interdiction de paraître sur le territoire national pendant cinq ans, à sa sortie.
Son avocat doit plaider la relaxe
“Monsieur clame son innocence depuis le début”, plaide maître Louis Guilleminot, soulignant qu’il a donc mandat de son client de plaider la relaxe. L’avocat tente donc de semer le doute chez les juges et soulève, par exemple, qu’il est étonnant que, dans un studio de 22 m2, personne n’ait été témoin direct des faits reprochés. Il présente Hossam comme “quelqu’un de courageux” qui a tout fait pour s’insérer et qui a déjà tout perdu, à l’exception de son fils, pour qui il a déjà entamé les démarches en vue de le reconnaître.
Les réquisitions validées
Le tribunal prononce la peine de 4 ans de prison avec maintien en détention et interdiction de contact avec les quatre victimes pendant 3 ans. Il lui sera également interdit de paraître sur le territoire français pendant 5 ans à sa sortie, et d’exercer toute activité le mettant en lien avec des mineurs pendant 5 ans. Les juges prononcent aussi son inscription au FIJAIS, obligatoire pour ce type de fait. Enfin, il devra indemniser Tina pour un total de 13 500 euros, sa sœur pour 7 000 euros et Chloé pour 6 500 euros.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Valenciennes.
Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, ou rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal : prise en charge du lundi au vendredi 8h30 -12h / 13h30 – 16h30 sav.valenciennes@primtoit.org 03.59.38.43.19 ou 03.27.20.26.26 ou directement au TJ 6 avenue des Dentellières 59300 Valenciennes.





