Fresnes-sur-Escaut. “Elle a eu peur d’un féminicide”

Temps de lecture : 4 minutes

Un quadra n’a pas supporté que sa compagne le quitte et a donc menacé de mettre le feu à leur maison. Le tribunal l’a condamné ce 9 octobre pour ces faits commis en juillet dernier, à Fresnes.



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« Je vais prendre un bidon d’essence et foutre le feu à la maison avec moi dedans »

Il aurait pu comparaître à la barre, mais Sébastien* n’a pu se contenir pendant son contrôle judiciaire. C’est donc dans le box et sous escorte qu’il doit se présenter à son jugement, ce 9 octobre. Conducteur de bus en CDI, le Fresnois a 44 ans et son casier ne comporte aucune mention, “du fait de la réhabilitation”, comme le précise la présidente Laurence Gosteau. Interrogé par l’avocate de la partie civile, il reconnaît néanmoins avoir été condamné par le passé pour violences conjugales sur une ex.

Les faits démarrent le 8 juillet 2025. Julie* décide de le quitter alors qu’ils étaient en couple depuis de nombreuses années, après avoir découvert son adultère. Craignant sa réaction, elle préfère éviter la confrontation et lui laisse une lettre avant de quitter le domicile. Et Sébastien lui donne raison très vite puisqu’il lui laisse un message vocal : “je vais prendre un bidon d’essence et foutre le feu à la maison avec moi dedans”, menace-t-il. Le lendemain, Julie dépose plainte et explique qu’elle n’a jamais subi de violences physiques, mais ce type de chantage au suicide à plusieurs reprises.

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Il contacte jusqu’au supérieur hiérarchique de son ex

Le 10 juillet, Sébastien éventre 1m50 de placo dans la maison familiale, alors en construction, pour pouvoir entrer et la terroriser de nouveau. “C’était notre domicile à tous les deux”, nuance le quadra. Le 11 juillet, la justice le place sous contrôle judiciaire, avec notamment une interdiction de contact, qui aura tenu douze jours. Le 23 juillet, il tente de communiquer avec Julie, en passant par leurs filles, qui finissent par le bloquer. Il contacte aussi le supérieur hiérarchique de sa victime pour le pousser à avouer qu’il couche avec elle. Il a également piraté ses comptes.

“J’ai bien bien bien réfléchi à tout ça et il est vrai que j’ai commis beaucoup d’erreurs. Je m’engage à ne plus en commettre.”, assure Sébastien, après son passage en détention et… un autre en psychiatrie, où il a pu traiter son addiction à l’alcool et se faire suivre par un psychologue. 

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Un procès qui intervient trois jours après le féminicide de Mastaing

“Elle a eu peur d’un féminicide”, plaide maître Douchy, quelques jours après celui survenu à Mastaing, dans des circonstances, a priori, assez similaires. “Les enfants ont aussi vécu un été cauchemardesque”, poursuit l’avocate qui réclame environ 4 700 euros de dommages et intérêts et frais divers.

“La seule chose qui a mis un coup d’arrêt aux agissements de monsieur, c’est l’incarcération”, constate la vice-procureure Mélanie Mazingarbe. La magistrate s’adresse ensuite directement à Sébastien : “Madame ne veut plus aucun contact avec vous. […] Cette relation est terminée du point de vue de madame, et j’estime qu’elle doit aussi l’être d’un point de vue judiciaire”. C’est pourquoi elle requiert une peine de 8 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire, et un maintien en détention pour la partie ferme.

“Aujourd’hui, c’est compris, c’est assimilé, il indique regretter ce qu’il s’est passé”, plaide maître Guilleminot. L’avocat souligne que, quand Sébastien a vu la lettre de Julie, “c’est son monde qui s’écroule […] ça a été compliqué pour lui de l’accepter”. Il estime donc que le maintien en détention n’est pas nécessaire. Le quadra reprend enfin la parole pour indiquer qu’il aimerait reprendre le travail, afin de pouvoir indemniser sa victime.

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Six mois avec sursis probatoire

Le tribunal prononce la peine de 6 mois de prison intégralement assortis du sursis probatoire, avec exécution provisoire. Sébastien devra justifier de soins, de travail, d’indemniser la victime avec qui il devra s’abstenir d’entrer en contact, mais aussi éviter son domicile et son lieu de travail. Le montant total des sommes dues à la victime s’élève à 2718 euros.


* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Fresnes-sur-Escaut.


3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage.


La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.


Dans mon couple, je ne contrôle pas ma violence, je craque, j’insulte, je frappe, j’ai besoin de me faire aider : 08 019 019 11


Si vous êtes en détresse et/ou avez des pensées suicidaires, si vous voulez aider une personne en souffrance, vous pouvez contacter le numéro national de prévention du suicide, le 3114.


Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ?


Un problème de dépendance ? L’association GREID peut vous aider.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, ou rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal : prise en charge du lundi au vendredi 8h30 -12h / 13h30 – 16h30 sav.valenciennes@primtoit.org 03.59.38.43.19 ou 03.27.20.26.26 ou directement au TJ 6 avenue des Dentellières 59300 Valenciennes.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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