Denain. Pour une histoire de klaxons, il sort un couteau et défonce sa porte

Temps de lecture : 3 minutes

La scène de violences de ce 15 février à Denain a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux. Un Marlysien de vingt-et-un ans a été condamné, seul, pour ces faits, trois jours plus tard. Dénoncés par les victimes, le vol d’une console Switch et l’usage d’une arme à feu ont néanmoins été écartés.

Image d’illustration par Michal Renčo de Pixabay
Des coups de klaxon en pleine nuit

Blond, les cheveux courts avec une barbe, Tanguy* adresse un sourire à ses proches en arrivant dans le box des prévenus. Mais le Marlysien va vite le perdre pour montrer un visage beaucoup plus nerveux au tribunal.

Ce 15 février vers 1h30, il s’est rendu avec sa compagne, rue de Turenne à Denain pour voir un cousin. Le couple a klaxonné pour le faire sortir, mais c’est un voisin qui leur a demandé d’arrêter de faire du bruit. Et la situation s’est très vite envenimée. Tanguy a sorti un couteau, défoncé la porte d’entrée du voisin, effectué de nombreux allers-retours dans la rue, notamment pour embarquer des amis.

Une partie des faits contestée

D’après la victime, le jeune homme aurait aussi tiré en l’air avec une arme à feu et ramassé la douille. Et il serait entré dans sa maison, où se trouvait sa compagne et leurs trois enfants, pour y voler une console Switch. Mais Tanguy conteste ces faits: “je suis pas un clochard, je vais pas voler une Switch”. Selon lui, c’est le voisin qui l’a pointé avec un fusil depuis sa fenêtre. L’intéressé indique qu’il s’agissait en fait d’une tringle à rideau qu’il a saisie comme un fusil pour faire peur à ses agresseurs.

Dans le box, Tanguy reconnaît avoir conduit la voiture sans permis, avoir dégradé la porte d’entrée et exhibé un couteau. Il reconnaît en outre la consommation du cannabis retrouvé dans son salon lors de son interpellation. Cannabis qu’il aurait volé à un “missileur” qui comptait envoyer la drogue par-dessus les murs de la maison d’arrêt de Valenciennes.

“J’ai des problèmes dans la vie, j’ai toujours un couteau sur moi”, explique Tanguy, “il m’aurait pas pris de haut, il m’aurait pas insulté, ça se serait pas passé comme ça”.

Déjà condamné pour conduite en état alcoolique et violences sur policiers en décembre

Tanguy ne perçoit aucun revenu, pas même le RSA, et il doit s’acquitter d’une dette de 7000 euros, notamment pour avoir fraudé en train. Son casier comporte trois mentions, la dernière en date du 11 décembre dernier pour une conduite en état alcoolique et des violences sur forces de l’ordre. Il se trouve donc sous sursis probatoire avec une obligation de soins et le parquet a mis à exécution trois mois de prison ferme qui se cumuleront avec la nouvelle peine.

La mère de famille, visiblement émue, s’est présentée à la barre : “Mes enfants sont traumatisés, ils n’osent plus rentrer chez moi”. “On est à une époque où on ne peut plus rien dire, plus rien faire sans que ça dégénère”, appuie son avocate, maître Michaux, “ça aurait pu aboutir à un bain de sang”. Elle évoque un “risque de représailles” en cas de retour au domicile et indique que les enfants doivent être suivis par un psychologue : “le traumatisme est conséquent”.

« Une histoire de gros bras »

“C’est une histoire de gros bras”, abonde la substitut Laroyenne pendant que Tanguy montre son agacement. “C’est bien le prévenu qui va au contact”, assure la magistrate qui requiert dix mois de prison en plus de la révocation du sursis à hauteur de trois mois avec maintien en détention. Elle demande également au tribunal de lui interdire tout contact avec ses victimes et de paraître à Denain pendant trois ans.

“On est sur un jeune majeur”, appuie maître Dejardin qui réclame un aménagement de la peine pour que son client puisse travailler. “Je ne représente pas un feignant”, assure l’avocat.

Un total de huit mois de prison en plus de sa précédente peine de trois mois

Le tribunal fixe la sanction à six mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation du sursis à hauteur de deux mois. Il lui est interdit d’entrer en contact avec les victimes et de paraître dans la rue de Turenne pendant deux ans. Il devra verser 500 euros à chaque membre de la famille et indemniser le bailleur à hauteur de 2669 euros, sans compter les frais d’avocat.

* prénom(s) d’emprunt

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Denain.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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