Valenciennes. Ivre et sans permis, il refuse la priorité à une voiture de police
Le tribunal correctionnel de Valenciennes a condamné ce 26 mars un quadra qui réside à Marly et dont le casier comportait déjà trente-deux mentions. Il venait de bénéficier d’un bracelet électronique et s’est illustré par de nouveaux délits routiers, ce 23 février.

Parti faire une course dans une épicerie
Châtain avec un bouc et un blouson noir, Sébastien* se présente dans le box des prévenus la tête basse. Tout au long de l’audience, il jettera des regards emplis de honte en direction de son père, assis dans le public. Sa dernière condamnation remonte au mois de décembre. Une comparution immédiate, là aussi, avec une incarcération à la clé. Le 17 janvier, le juge d’application des peines lui a fait confiance en convertissant sa peine de prison en une mesure de détention à domicile sous surveillance électronique. Et ce 23 février…
Il est environ 23h45 au niveau d’un giratoire du boulevard Pompidou, à Valenciennes, quand une patrouille de police se fait refuser la priorité par une Dacia Spring. Les fonctionnaires actionnent gyrophares et deux-tons pour pourchasser le chauffard, qui ne veut pas s’arrêter. Après un court périple, ils parviennent néanmoins à l’intercepter. Permis suspendu, une petite quantité d’héroïne sur un siège, 1,55 g d’alcool dans le sang. Il avait emprunté la voiture de son père, parti en vacances à l’étranger, pour faire une petite course dans une épicerie.
Il a dû repasser le permis de nombreuses fois
“J’ai pas voulu me sauver, je voulais juste ramener la voiture à mon papa”, s’explique Sébastien lors de son procès, “je devais travailler le lundi”. Les larmes coulent. “Je suis con, je suis abruti. Je réfléchis qu’une fois que la connerie elle est faite”, poursuit-il. Et d’expliquer qu’il a déjà dû passer son permis à huit reprises à cause de ses nombreuses condamnations qui le lui ont annulé.
Il faut dire que son casier comporte trente-deux mentions depuis 2003, dont douze pour des délits routiers divers, comme le relève la substitut Burillon. “Avec le casier qui est le sien, il n’a plus droit à l’erreur”, souligne la magistrate. Comme de refuser la priorité à une patrouille de police, par exemple. Elle requiert donc dix-huit mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation totale de son sursis probatoire et une interdiction de conduire tout véhicule non équipé d’un système EAD pendant six mois.
“Ce n’est pas quelqu’un de méchant, ce n’est pas quelqu’un de violent, c’est quelqu’un de malade”, plaide maître Fontaine en s’appuyant sur le casier de son client. Elle explique par ailleurs que Sébastien a sombré dans ses addictions suite au divorce de ses parents, puis au décès de sa mère.
Un total de neuf mois de prison ferme
Le tribunal fixe la sanction à huit mois de prison en plus de la révocation du sursis à hauteur d’un mois, avec maintien en détention. Les juges ont préféré conserver une partie de son sursis probatoire pour que Sébastien puisse poursuivre ses soins. Son permis a, enfin, été annulé avec interdiction de conduire sans EAD pendant six mois, comme requis.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
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