Marly. « Je ne savais pas qu’une soirée raclette pouvait être à ce point dangereuse »

Temps de lecture : 3 minutes

Trois hommes ont été condamnés ce 19 septembre pour des violences avec machette et chaises, commises à Marly dans la nuit du 2 au 3 décembre 2023. Il s’agissait au départ d’une soirée raclette entre voisins, avec de l’alcool. Les prévenus étaient défendus par maîtres Hoffmann et Nader.

Image d’illustration par veve de Pixabay
Deux prévenus qui ont un problème avec l’alcool

À la barre, Louis* se présente avec une carrure plutôt imposante, les cheveux rasés et un t-shirt noir, il a 42 ans. Son casier ne comporte que deux mentions réhabilitées. Sans emploi, il reconnaît une certaine dépendance à l’alcool.

Robert* a 44 ans. Ses longs cheveux noirs sont attachés. Il porte un t-shirt vert et une barbe. Plus petit que les deux autres, on discerne des tatouages sur ses bras. « Vous avez un casier d’alcoolique », commente la présidente Gosteau au moment d’évoquer ses 10 précédentes condamnations. Ancien toxicomane, il est handicapé notamment par de lourds problèmes au dos.

Sofian* est le fils de Robert et il a 23 ans. Le visage rond, une carrure au moins aussi imposante que celle de Louis, ses cheveux châtains foncés sont partiellement rasés. Le jeune homme porte une tenue de sport noire. Il s’agit de son premier passage devant un tribunal. Il indique avoir été placé une bonne partie de sa jeune vie, en raison de violences familiales. Sofian réside à Valenciennes et était venu rendre visite à son père au moment des faits, à Marly.

Accusé d’être un « profiteur », il revient avec une machette

La soirée raclette a eu lieu chez un autre voisin, qui n’a pas été impliqué dans les violences, ce 2 décembre 2023. Louis a débarqué et Robert lui a reproché d’être « un profiteur », de toujours s’incruster dans les soirées sans rien payer. Comme ils étaient tous alcoolisés, le ton est monté et Sofian a mis Louis à la porte. Mais celui-ci est revenu avec une machette, récupérée à son domicile dont il s’est servi pour menacer Robert. Ce dernier a répliqué en lui lançant une chaise et Sofian a asséné quelques coups à mains nues. Louis s’est cependant retrouvé avec une plaie de 10 cm sur le crâne, sans doute causée par la machette. Mais personne ne semble en capacité de dire qui a donné ce coup.

« Je ne savais pas qu’une soirée raclette pouvait à ce point être dangereuse », plaisante la présidente Gosteau. « J’étais en danger », assure Louis. « Si vous êtes en danger, vous vous enfermez chez vous », réplique la présidente. « J’ai jamais touché la machette, personne ne lui a mis de coup de machette », assure Robert. « Mon père a des problèmes de dos », souligne Sofian qui affirme avoir juste voulu défendre son père.

Une « rixe d’ivrognes » pour le parquet

« Il subsiste un doute sur ce coup de machette », concède la représentante du parquet. « Il n’y a pas de légitime défense », maintient néanmoins la magistrate. Pour cette « rixe d’ivrognes », elle requiert 8 mois avec sursis probatoire pour Louis, 8 mois, dont 4 avec sursis probatoire pour Robert et 6 mois avec sursis simple pour Sofian.

« Aucun des deux n’a, à aucun moment, la machette entre les mains », plaide maître Hoffmann pour le père et le fils. L’avocate pense que Louis a pu se blesser seul avec l’arme. Pour elle, « la riposte est totalement proportionnée, on est dans un cas de légitime défense ».

Maître Nader rappelle que son client s’est retrouvé avec une dizaine de points de suture, alors que les deux autres n’ont pas été blessés. « Cette machette a bien été utilisée d’une manière ou d’une autre, peut-être d’une manière indirecte », ajoute l’avocat.

Sursis probatoire et sursis simple

Robert et Louis sont condamnés à la même peine de 8 mois de prison avec sursis probatoire assorti d’une obligation de soins et d’une interdiction de contact. Sofian s’en tire avec 2 mois de prison avec sursis simple. La circonstance de l’arme a été écartée.


* prénom(s) d’emprunt

Ressources


Les chiffres de la délinquance à Marly.


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Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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