Hérin. Tout juste condamné pour violences conjugales avec arme, il menace sa victime
Après sa condamnation en comparution immédiate le 20 août, le quadra y revient ce 26 août pour avoir menacé son ex-compagne dès sa sortie du tribunal, en plus d’une conduite sans permis. Il a cette fois été maintenu en détention. Il était défendu par maître Jonard, sa victime était représentée par maître Bartholomeüs.

Tremblant à cause du manque d’alcool
Mehdi* a toujours ses cheveux noirs coiffés en arrière, et il porte le même polo que le 20 août. Mais cette fois, il est voûté sur le micro du box des prévenus et ses mains tremblent de façon compulsive. À cause du manque d’alcool, selon son avocate. Mehdi se montre donc plus nerveux, plus agacé. À 41 ans, il compte désormais sept mentions sur son casier, la dernière n’étant pas encore définitive, néanmoins. Le tribunal avait prononcé une peine aménageable pour lui permettre de conserver son CDI de chef de chantier dans le bâtiment. Il lui était alors reproché une série de violences, et en particulier d’avoir mis un couteau sous la gorge de sa compagne. Ils sont restés ensemble pendant huit ans et ont une fille de cinq ans. Au moment de leur rencontre, Cindy* avait 17 ans et lui le double. Le permis de Mehdi était déjà suspendu pour conduite en état alcoolique.
Les faits
Le 20 août, la présidente Vuillemin a bien pris le temps d’expliquer la peine qu’elle venait de prononcer à Mehdi, notamment sur l’interdiction de contact, qui s’appliquait immédiatement. Mais celui-ci n’a rien voulu savoir puisque peu après, il s’est remis à envoyé des messages à Cindy : « Tu vas voir ce qui va t’arriver. T’es morte ». Le 23 août, les policiers sont venus cueillir Mehdi dans sa voiture, alors qu’il n’avait pas le droit de conduire. Lors de son nouveau passage en comparution immédiate, ce 26 août, il explique avoir voulu écrire « c’est mort », et non pas « t’es morte ». Sans convaincre personne. Quant à la violation de l’interdiction de contact : « Si elle m’envoie des messages, je lui réponds. Par politesse et pour avoir des nouvelles de l’enfant ». En tout, le tribunal relève 8 SMS envoyés sur le téléphone de Cindy entre le 20 et le 21 août.
Les débats
« C’est très éprouvant pour madame de se retrouver de nouveau devant le tribunal », plaide maître Bartholomeüs pour Cindy, « la semaine dernière, monsieur se trouvait tout le temps des excuses ». « Il s’est efforcé de sapper toute confiance en elle », ajoute l’avocate, « c’était le larbin de monsieur, c’était sa propriété ». Elle réclame 1500 euros de dommages et intérêts en plus de 600 euros de frais de justice.
« C’est pas tous les jours qu’on a quelqu’un qui passe en comparution immédiate et qui revient en garde à vue quelques jours après pour les mêmes faits », peste la substitut Berbion. « Dans les jours qui suivent le jugement, il rôde autour de madame, il dort dans son véhicule à proximité de madame : ça va continuer et empirer ». C’est pourquoi la magistrate demande au tribunal d’envoyer un « message clair » à Mehdi : 10 mois de prison avec maintien en détention et de nouvelles interdictions de contact.
« Empêtré dans ses addictions »
« Monsieur est dans un état second », plaide maître Jonard, « il est particulièrement en manque ». Selon elle, son client ne peut pas se remettre en question « parce qu’il est encore empêtré dans son addiction ».
Et comme pour lui donner raison, Mehdi ironise sur les demandes de la partie civile : « elle croit que je suis banquier ? ».
Le délibéré
Le tribunal valide les réquisitions du parquet, en portant la durée des interdictions de contact et de domicile à trois ans.
Mehdi demande alors au tribunal comment il va faire pour travailler, refusant d’aller en prison.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
Les chiffres de la délinquance à Hérin.
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