Saint-Aybert. Il transportait des crèmes blanchissantes, il est relaxé pour blanchiment
Un Belge a été intercepté à la frontière alors qu’il transportait 360 boîtes de crème blanchissante et 14 000 euros, le 10 novembre 2020. Il a été jugé ce 26 septembre 2024.

Un quadra belge au casier vierge qui travaille dans le transport
Cheveux noirs rasés, t-shirt blanc, pantalon noir, Tarik*, 41 ans, assume ses responsabilités et se présente face à ses juges alors qu’il réside en Belgique, avec une double nationalité et reste inconnu de la justice. Intérimaire, il indique gagner 1200 euros par mois en travaillant dans le transport ou comme bagagiste.
360 boîtes de crème blanchissante et 14 415 euros
Le 10 novembre 2020, on l’avait chargé d’amener des cartons et plusieurs enveloppes depuis Bruxelles jusqu’à la Porte de la Chapelle, à Paris. Sur l’A2, les douaniers décident de contrôler son fourgon et découvrent qu’il transporte 360 boîtes de crème blanchissante et 14 415 euros. Or, il fallait déclarer cet argent et bénéficier d’une autorisation pour ces produits considérés comme des médicaments et prohibés.
Tarik assure qu’il ignorait ce qu’il transportait et qu’il pensait que les enveloppes contenaient moins de 10 000 euros. Il aurait dû vérifier, lui rappelle la présidente Gosteau : « si ça avait été 10 kilos de cocaïne, vous partiez 10 ans en prison. Vous avez eu de la chance que ça ne soit que des crèmes blanchissantes et de l’argent ».
L’agente des douanes, à l’origine des poursuites, indique que la société où les produits devaient être livrés, a été contrôlée. Les inspecteurs y ont découvert d’autres articles avec des substances prohibées mais la société s’en est tirée avec un « règlement transactionnel ». L’administration réclame cependant au quadra trois amendes de 5400, 14 415 et 7207 euros pour trois infractions douanières, dont… le blanchiment d’argent.
« C’est un peu le dindon de la farce »
Le parquet soulève simplement qu’il n’est pas la « partie poursuivante » et qu’il n’a donc aucune réquisition à formuler.
« Quand on est blond, on voudrait être brun, quand on est brun, on voudrait être blond, quand on est noir, on voudrait être blanc », philosophe maître Broyart. L’avocat soulève que les produits découverts dans le fourgon de Tarik se retrouvent dans de nombreuses boutiques « qui ont pignon sur rue ». L’avocat produit des factures pour justifier la provenance de l’argent afin de contester tout blanchiment et réclamer la relaxe. « C’est un peu le dindon de la farce », conclut-il en estimant que c’était aux gérants de s’acquitter des déclarations.
Relaxe pour blanchiment… d’argent
Le tribunal relaxe Tarik pour les faits de blanchiment d’argent. Mais le condamne pour les crèmes blanchissantes et le transfert d’argent sans déclaration à deux amendes de 5400 et 7207 euros. Sans compter la confiscation des biens.
* prénom(s) d’emprunt





