Denain. Un SDF condamné pour avoir mis le feu à un logement pour se réchauffer

Temps de lecture : 4 minutes

À quatre reprises, en juillet dernier, les pompiers ont dû se déplacer impasse Moura, à Denain, pour éteindre les incendies causés par ce sexagénaire qui y squattait. Les juges l’ont condamné ce 17 septembre.

Image par Alexander Fox | PlaNet Fox de Pixabay


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Quatre interventions des pompiers en deux semaines

Depuis le décès de son épouse, il y a quelques années, André* semble avoir totalement lâché la rampe. Malgré une retraite de 1800 euros par mois, il vit à la rue, s’alcoolise et attend la mort. Et il lui arrive aussi de commettre des infractions qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur les autres.

Les 3, 13, 14 et 17 juillet, les pompiers ont dû intervenir, impasse Moura, à Denain, pour des feux dans une maison abandonnée et squattée. La dernière fois, André, 68 ans, le visage marqué par la dépression, la rue et l’alcool, en a été intoxiqué, et l’incendie aurait pu se propager chez le voisin.

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Un prévenu fataliste

Lors de son passage en comparution immédiate, ce 17 septembre, le sexagénaire reconnaît et explique qu’il ne disposait pas de feu à pétrole. Et comme il avait froid… Le psychiatre qui l’a expertisé estime qu’André n’est pas pyromane, mais il souffre d’un alcoolisme aigu et manque d’empathie. 

— Qu’est-ce qu’il faut faire pour que vous rentriez dans le droit chemin ? lui demande le président Ott.

— Je vais me mettre une balle dans la tête, comme ça je viendrai plus ici, réplique André.

Interrogé sur ses revenus, qui devraient lui permettre de se trouver un logement, le prévenu assure que ceux qu’il trouve sont toujours insalubres. Il reconnaît boire jusqu’à dix bières de 50 cl par jour, et ne pas avoir respecté le sursis probatoire qui lui avait été délivré lors de sa précédente condamnation.

— Vous avez l’air d’être indifférent à ce qu’il vous arrive, soulève le président Ott.

— Ben ouais. […] Le meilleur remède, c’est le trou,  le cimetière. Comme ça, je serai avec mes copains, les vers de terre.

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Entre compassion et crainte

La substitute Verhaeghe se dit “partagée” entre la compassion et la crainte : “il se met en danger, mais il met aussi en danger les autres”. Elle soulève, également, qu’André risque 10 ans d’emprisonnement pour ces faits, commis en récidive. C’est pourquoi elle requiert 30 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire, avec maintien en détention. Ainsi que la révocation de son précédent sursis.

“Pas de famille, pas de travail, pas de logement”, liste maître Buguet pour défendre le sexagénaire, “le décès de sa femme l’a anéanti” […] La société sera obligée d’aider monsieur à s’en sortir.”

Un total de 22 mois de prison

Le tribunal fixe la peine à 18 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire pendant deux ans, assorti d’obligation d’indemniser la victime, de se soigner et d’un accompagnement individuel renforcé. Son précédent sursis est révoqué à hauteur de 4 mois, et il est maintenu en détention. Il devra en outre verser une provision de 3000 euros au propriétaire du logement, en attendant de chiffrer précisément le préjudice. Enfin, il devra indemniser le SDIS pour chacune de ses interventions avec un total de 3810 euros.

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* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Denain.


Si vous êtes en détresse et/ou avez des pensées suicidaires, si vous voulez aider une personne en souffrance, vous pouvez contacter le numéro national de prévention du suicide, le 3114.


Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ?


Un problème de dépendance ? L’association GREID peut vous aider.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, ou rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal : prise en charge du lundi au vendredi 8h30 -12h / 13h30 – 16h30 sav.valenciennes@primtoit.org 03.59.38.43.19 ou 03.27.20.26.26 ou directement au TJ 6 avenue des Dentellières 59300 Valenciennes.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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