Condé. Six mois avec incarcération immédiate pour avoir volé des enceintes à Carrefour
Avec treize mentions à son casier, dont huit pour vols, ce Valenciennois de 36 ans ne pouvait plus bénéficier de la clémence du tribunal. Jugé ce 27 janvier pour le vol d’enceintes d’une valeur de 400 euros, il a expliqué vouloir réunir un pécule afin de quitter la région.

Son larcin n’a pas échappé aux agents de sécurité
Les cheveux rasés, affublé de lunettes et d’une barbe de trois jours, Kévin* se présente devant ses juges en ayant conscience de ce qui l’attend. Le 25 janvier, il s’est rendu au Carrefour de Condé vers midi. Il a détaché les attaches de sécurité mises sur son sac par un vigile, retiré les antivols des enceintes, puis les a dissimulées avant de prendre une bouteille d’eau pour justifier un passage en caisse. Mais son stratagème n’a pas échappé aux caméras de surveillance. À la sortie, les vigiles l’ont interpellé avant de le remettre aux forces de l’ordre.
« J’étais en train de me constituer un petit pécule pour quitter la région », explique Kévin lors de son passage en comparution immédiate. Après avoir occupé divers emplois, il assure ne plus parvenir à en trouver. « J’ai fait tout ce qui est possible et imaginable », affirme-t-il. Depuis le suicide de sa sœur dans des conditions particulièrement tragiques en 2015, sa famille s’est éparpillée et il n’a plus de contact avec elle. Célibataire et sans enfants, il vit avec le RSA et bénéficie d’un aménagement de peine en placement extérieur pour sa dernière condamnation. Toutefois, il estime que ce dispositif n’est pas adapté à sa situation et aurait préféré une mesure de semi-liberté, pourtant plus contraignante.
Dix mois de prison requis
Le substitut du procureur, M. Beaupré, souligne que, du fait de la récidive, Kévin encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement. « Depuis douze ans, monsieur vit comme il le veut, c’est-à-dire avec un parcours délinquantiel », insiste le magistrat, qui requiert une peine de dix mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
De son côté, Maître Glapiak décrit son client comme « quelqu’un qui travaille régulièrement » et « souffre de ne pas retrouver d’emploi ». Elle plaide pour une peine mixte afin qu’il puisse entreprendre une reconstruction personnelle. « Tout ce que j’ai en tête, c’est de partir de Valenciennes », insiste Kévin.
Le tribunal le condamne à six mois de prison avec incarcération immédiate.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
Ressources
Les chiffres de la délinquance à Condé-sur-l’Escaut.





