Denain. Condamné le mardi, il récidive le mercredi avec de nouvelles violences conjugales
Le tribunal correctionnel de Valenciennes a condamné ce vendredi 18 avril un quadra dont le casier comportait déjà vingt-neuf mentions, dont onze pour des violences. Il venait de se faire condamner en comparution immédiate pour violation d’une interdiction de contact avec son ex.

Un casier très inquiétant
Nicolas* a les cheveux bruns coupés court. Plutôt grand, il se présente dans le box vêtu d’une veste jaune et noir. Son casier comporte vingt-neuf mentions depuis 2001. Des délits routiers, mais surtout des violences, à onze reprises, comme le fait remarquer le parquet. En 2018, il a pris six ans de prison pour des violences sur une ex avec qui il a eu deux enfants, dont il ne s’occupe pas. Sorti en 2023, Nicolas s’est mis en couple avec Mélissa* pendant six ans. Mais le 28 août 2023, déjà, il a été condamné pour violences conjugales à deux années de prison, cette fois, et une interdiction de contact pendant deux ans.
Libéré le 5 novembre dernier, il a de nouveau comparu ce 15 avril pour violation de l’interdiction de contact et violences à l’encontre de Mélissa. S’il a été relaxé pour les violences, il a cependant été condamné pour le surplus à six mois de prison, dont trois, avec sursis probatoire pendant deux ans et exécution provisoire. Une nouvelle interdiction de contact et un aménagement sous forme de bracelet électronique pour la partie ferme ont également été prononcés.
C’est une voisine qui a appelé la police
Et le 16 avril à 10h45, une voisine de Mélissa appelle la police pour signaler de nouvelles violences de Nicolas. Les policiers ont dû lui courir après pour l’interpeller un peu plus loin, en état d’ivresse avancé. En effet, sept heures après, il avait encore 1g 26 d’alcool dans le sang. Il a donc fallu attendre 21h avant de pouvoir lui signifier ses droits.
Mélissa a expliqué l’avoir entendu frapper à son volet dans la nuit, mais ce n’est que le matin, vers 7h, qu’elle s’est retrouvée nez à nez avec lui. Comme il s’est mis à crier, elle l’a fait entrer, ils ont bu une bouteille de vodka, se sont disputés. Nicolas lui a alors porté un coup de poing, un coup de pied et, surtout, un coup de bouteille sur la tête. Le légiste a constaté une plaie contuse suturée sur le cuir chevelu avec une incapacité totale de travail fixée à trois jours.
Immature, impulsif, incapable de gérer ses émotions…
« Je reconnais qu’on s’est engueulé, j’ai violé l’interdiction de contact », concède Nicolas, qui conteste néanmoins les violences : « je pense qu’un coup de bouteille, ça fait plus de dégâts que ça ». « Ha bon ? Vous êtes spécialiste en coups de bouteille ? », s’étonne le président Betermiez. « Je suis amoureux, je suis con, c’est tout », balaie le prévenu qui explique être allé la voir, sobre, pour récupérer ses affaires : « au début, ça a été et puis, quand on a bu un coup, on s’est engueulé pour des trucs de jalousie ». « Mais vous ne deviez pas juste récupérer des affaires ? », appuie encore le président.
L’expertise psychiatrique présente Nicolas comme immature, impulsif, incapable de gérer ses émotions, alcoolique, avec un risque de récidive important. « J’ai tellement fait de prison, j’en ai tellement vu dans ma vie, c’est pour ça, mes émotions, tout ça », réagit le prévenu. « J’aimerais fonder une famille, prouver que je peux y arriver », poursuit-il tout en répétant que ce ne sera pas avec Mélissa dont il ne s’approchera plus.
Quatre ans de prison requis
La représentante du parquet regrette que la victime ne soit pas venue et n’a même pas été représentée par son avocat, qui a néanmoins déposé des conclusions pour réclamer un peu plus de 4000 euros au total. La magistrate relève que le prévenu a déjà passé quatorze ans et dix mois en prison, sans compter les innombrables sursis probatoires : « la justice lui a tendu énormément de perches pour qu’il puisse résoudre ses problèmes ». Alors, pour « protéger la victime et la société tout entière », le parquet requiert quatre ans de prison avec incarcération immédiate, interdiction de porter une arme pendant cinq ans et de contact avec la victime, ainsi que de paraître à son domicile pendant trois ans.
« La solution n’est pas forcément dans les années de prison », plaide maître Gomis, qui estime que la victime ment, le légiste n’ayant pas relevé de traces de coup de pied et de poing, comme elle l’a pourtant dénoncé : « il y a peut-être une volonté de charger mon client ». L’avocat penche plutôt pour un accompagnement avec soins et un éloignement de la région pour Nicolas : « ce serait plus efficace ».
« La prison, ça me rend de plus en plus violent. Il suffit de voir mon casier », conclut Nicolas avant que le tribunal ne se retire pour délibérer.
Trois ans de prison prononcés
« Les précédentes peines n’ont pas été assez sévères pour vous empêcher de récidiver », a justifié le président Betermiez, qui a prononcé la peine de trois ans de prison avec incarcération immédiate, interdiction de contact et de paraître au domicile de Mélissa pendant trois ans, avec exécution provisoire. Il devra également indemniser celle-ci pour un total de 1840 euros.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Denain.
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.
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