Valenciennes. Condamné pour avoir commandité des missiles de viande depuis la maison d’arrêt
Un Lillois de 24 ans a été condamné ce 25 juillet à deux mois de prison supplémentaires pour avoir commandité des missiles depuis sa cellule et via les réseaux sociaux.

En flagrant délit
La maison d’arrêt de Valenciennes reçoit régulièrement des colis, appelés “missiles”, projetés depuis la rue Lomprez et à destination de la cour de promenade. Ils peuvent contenir des stupéfiants, de l’alcool, des armes, des téléphones, des cartes SIM… Autant de produits destinés à améliorer les conditions de vie de certains détenus, ou à alimenter des trafics, ou encore à permettre des agressions, des intimidations ou des évasions. C’est pourquoi cette rue fait l’objet d’une surveillance particulière et de nombreuses patrouilles.
Et justement, courant juin dernier, la police municipale a intercepté deux individus en flagrant délit avec des missiles qui contenaient de la viande, en pleine nuit. Interrogés, ils ont indiqué avoir été “mandatés par un grand incarcéré à Lomprez” qui leur a donné ses instructions et la configuration de la maison d’arrêt via Snapchat, depuis sa cellule. Ils ont également précisé son prénom. Or, une seule personne dans l’établissement portait ce prénom au moment des faits, entre les 16 et 17 juin derniers.
Le prévenu conteste
“J’ai vraiment rien à voir avec ça”, martèle pourtant Sofian* dans le box des prévenus lors de son passage en comparution immédiate, ce 25 juillet. Les cheveux châtain clair, le Lillois de 24 ans arbore une barbe et un sweat noir. Son casier comporte douze mentions depuis 2018, surtout pour des faits en lien avec les stupéfiants, et il s’est retrouvé à Lomprez le 18 mai. “Il n’y avait pas de téléphone dans ma cellule, et ce n’est pas mon compte Snapchat”, ajoute celui-ci.
“L’incarcération ne suffit pas à lui faire cesser de commettre des infractions”, réagit le représentant du parquet qui en profite pour indiquer que les deux autres personnes interpellées ont déjà été condamnées. En répression, il requiert donc une peine de cinq mois de prison avec maintien en détention, ainsi que des interdictions de contact avec ses complices.
“Ce dossier est extrêmement léger”, intervient maître Blin pour Sofian, qui relève que son client n’était arrivé dans cette cellule que trois ou quatre jours avant les faits et qu’il avait alors été installé sur un matelas au sol. “Il n’est pas encore chez lui,” poursuit l’avocat pour qui ce n’était “pas le bon moment” pour solliciter des missiles. À ses yeux, le “missileur”, comme on les appelle à Valenciennes, a dénoncé Sofian justement parce qu’il ne l’effrayait pas, au contraire du vrai commanditaire.
Deux mois de prison supplémentaires
Pas de relaxe, cependant, puisque le tribunal a prononcé la condamnation et fixé la peine à deux mois de prison avec maintien en détention. Une condamnation qui semble difficile à digérer pour Sofian.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Valenciennes.






