Valenciennes. Il avait saccagé l’église Saint-Géry : le SDF condamné

Temps de lecture : 3 minutes

Les faits ont suscité un grand émoi dans la population : le 26 avril dernier, un SDF en état d’ivresse a dévasté l’intérieur de l’église Saint-Géry, à Valenciennes. Après un renvoi, son dossier a été jugé ce mercredi 10 juin.

Le parvis de l'église Saint-Géry, à Valenciennes, en juin 2026.
Le parvis de l’église Saint-Géry, le jour du jugement.

Des chaises renversées, un terminal de paiement arraché, un tabernacle endommagé, une bannière sérieusement abîmée et, surtout, une statue explosée sur le sol : Le Silence, par René Leleu. Un original. “Inestimable”, selon maître Limet, avocate de la mairie de Valenciennes, l’une des parties civiles. “On appelle ça un saccage”, commente maître Crasnault, avocat du diocèse de Cambrai et de la Confrérie des Royés de Notre Dame du saint Cordon. Tous deux demanderont un renvoi aux intérêts civils pour se laisser le temps de chiffrer le préjudice. Le président Barry parle, quant à lui, d’une “tornade”. Dans le box, Sébastien* fait face aux conséquences de ses actes, qui défilent sur un écran au travers de photos. “Tout ça ?”, demande-t-il, mal à l’aise, à peine au milieu de l’exhibition. “Heureusement que le saint Cordon n’a pas été touché, sinon je crois qu’on aurait eu des manifestations devant le tribunal”, lâche le président du tribunal.

🏛️ Pourquoi cette affaire a marqué les esprits

Les dégradations ont touché l’église Saint-Géry, l’un des édifices les plus connus de Valenciennes. Elles ont également entraîné la destruction d’une œuvre originale de l’artiste René Leleu, décrite comme « inestimable » par l’une des parties civiles.

Un parcours marqué par les addictions

Cheveux courts, poivre et sel, le corps sec, tanné par le soleil : on devine que le prévenu, quinquagénaire, vit à la rue depuis longtemps, à lutter contre ses démons et ses addictions. En témoignent les dix mentions sur son casier. Il est toujours sous le coup d’un sursis et doit effectuer un travail d’intérêt général. “Je m’excuse du fond de mon cœur d’avoir fait ça et je demande 1000 pardons au bon Dieu”, répète-t-il tout au long de l’audience.

Un trou noir après un mélange alcool-médicaments

Le président Barry tente d’obtenir au moins un début d’explication sur ce qui a bien pu se passer dans la tête de Sébastien, ce dimanche 26 avril vers 13h. “J’avais bu de la bière, de la vodka, et puis j’avais pris du Seresta, du Valium, du Subutex…”. Il se souvient qu’il faisait la manche, à proximité de l’église Saint–Géry, et qu’à cette occasion, on l’aurait insulté. Ensuite ? Trou noir. Sébastien, qui se dit croyant, explique que les funérailles de sa mère ont eu lieu dans cette église, le 8 mai dernier. Depuis, il n’a plus personne ici. Alors, pourquoi pas partir au Maroc, où habiterait encore une partie de sa famille, vu qu’ici il ne fait que des “bêtises” ? C’est en tout cas ce qu’il envisage.

“Il est toujours regrettable quand le patrimoine d’une ville est touché par la bêtise”, rebondit la représentante du ministère public, qui rappelle que l’église saint Géry avait déjà subi des dégradations en 2010. En répression, elle requiert onze mois de prison au total, avec maintien en détention. L’avocate de Sébastien, maître Legrand, souligne que son client ne visait en aucun cas l’aspect religieux des objets dégradés. Il a simplement cassé ce qui se trouvait à proximité lors d’un moment de fureur amplifiée par le cocktail explosif d’alcool et de médicaments. L’avocate indique par ailleurs que le quinquagénaire a entamé un suivi psychologique en détention, comme il s’y était engagé, et qu’un dossier MDPH est en cours de constitution.

Une peine aménageable

Le tribunal prononce la peine de neuf mois de prison avec maintien en détention, auxquels s’ajoutent trois mois de révocation de sursis, mais sans maintien en détention. La peine pourra donc être aménagée. Il devra néanmoins indemniser les parties civiles avec déjà 13 500 euros à verser, en attendant l’audience de liquidation qui fixera l’intégralité du préjudice.

🫶 Addictions : besoin d’aide ?

Vous vous interrogez sur votre consommation d’alcool, de médicaments ou de drogues, ou celle d’un proche ? Des professionnels peuvent vous accompagner gratuitement et de manière confidentielle.

Une prise en charge précoce peut éviter des conséquences familiales, professionnelles ou judiciaires.

📌 Suivre les Chroniques judiciaires valenciennoises

Recevez gratuitement les principales affaires jugées à Valenciennes et dans son arrondissement directement dans votre boîte mail.

Inscrivez-vous à la newsletter mensuelle pour recevoir les 10 derniers articles.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.


Retrouvez également les Chroniques judiciaires valenciennoises sur les réseaux sociaux :

Une erreur à signaler, une précision à apporter ou une idée d’article ? Écrivez-moi.

* Prénom d’emprunt.

Les personnes condamnées disposent d’un délai de dix jours pour faire appel de la décision.

Une remarque ou une correction ? Contactez-moi.

Oh bonjour
Ravie de vous rencontrer.

Inscrivez vous pour recevoir chaque mois gratuitement nos dix derniers articles dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Partagez cet article :

Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

Vous aimerez aussi...