Condé. “Il présente bien devant vous, mais il a un passé judiciaire inquiétant”
Ce 20 janvier 2025, un peintre en bâtiment de 29 ans a été condamné pour des menaces sur son ex ainsi que sur une amie, et une conduite sans permis commises à Condé en juin dernier.

Son casier compte 17 mentions
Yacine* réside en région parisienne où il exerce comme peintre en bâtiment. A l’essai pour le moment, il espère pouvoir signer prochainement un CDI. En attendant, il se présente à la barre ce 20 janvier d’un pas mal assuré. Il faut dire que son casier porte dix-sept mentions depuis 2011. Il s’était néanmoins tenu tranquille depuis quelques années.
Séparé de Noémie* depuis cinq ans, ils ont trois enfants ensemble, âgés de 11 à 4 ans. Le 25 juin 2024, il se présente au domicile de la jeune femme pour examiner un véhicule qu’elle vient d’acheter. Là, le ton monte. Yacine dresse le poing, mais ne la frappe pas : la maman de Noémie s’interpose. Cependant, il la menace ainsi qu’une amie également présente. Le jeune homme se fait interpeller peu après au volant de l’utilitaire de son entreprise, alors que son permis a été annulé.
Il menace de lui fracasser la tête
Le président Barry rappelle que Noémie n’a pas souhaité déposer plainte. Elle a néanmoins indiqué lors de ses auditions que Yacine a menacé de lui “fracasser la tête” et de la tuer. “Oui, j’ai menacé sous la colère, mais je n’avais pas l’intention d’exécuter ces menaces”, se défend le prévenu. “Je l’ai sortie de galères incroyables même en n’étant plus ensemble”, soupire Yacine.
“Il présente bien devant vous mais il a un passé judiciaire inquiétant”, souligne la substitut du procureur qui rappelle, par ailleurs, que le prévenu a déjà été condamné par le passé pour des violences sur Noémie. La magistrate insiste sur l’importance pour tous deux de “couper les ponts”. “J’ai hésité à requérir une incarcération immédiate”, poursuit-elle avant de proposer une peine de 8 mois de prison en plus d’une amende de 100 euros et l’interdiction de contact avec la victime pendant 2 ans.
Il indique avoir développé une « phobie » de la prison
Sans avocat, Yacine se défend seul: “La prison, c’est pas une solution. Par contre, l’interdiction de contact, oui, même m’interdire de venir dans le Nord-Pas-de-Calais”. En larmes, il explique avoir développé une “phobie” de la détention et évoque des difficultés familiales : “Mes parents ont besoin de moi. Ma mère a des idées suicidaires, si je vais en prison, c’est catastrophique”.
Le président l’a simplement condamné à un total de 3300 euros d’amendes en plus d’une interdiction de contact et de domicile avec les deux victimes pendant 2 ans. “La prochaine fois, c’est la case prison”, avertit le président Barry.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
Ressources
Les chiffres de la délinquance à Condé-sur-Escaut.
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales sexuelles ou sexistes.
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr





