Pays de Condé. “C’est mon papy, il m’a fait du viol”, un septuagénaire condamné
Ce jeudi 20 mars, le tribunal correctionnel a condamné un grand-père pour des faits d’agressions sexuelles sur ses deux petites filles âgées d’une dizaine d’années commis en juin dernier du côté de Condé-sur-Escaut. Il conteste cependant les faits.

Deux victimes de dix et douze ans
L’été dernier, ce papa regardait un film avec sa fille Laetitia*, âgée de dix ans. À un moment, il lui met les mains sur les yeux pour lui cacher une scène érotique, mais Laetitia lui fait comprendre que ce n’est pas utile. Parce que son papy lui a déjà fait la même chose, le 1er juin dernier. Horrifié, le papa demande des détails et va voir son autre fille, Cynthia*, qui lui dit avoir subi la même chose.
Le week-end en question, les parents avaient confié leurs filles aux grands-parents, comme souvent, pour pouvoir sortir en couple. “Papy est venu s’allonger sur moi”, décrit l’aînée de douze ans. Les victimes parlent de baisers appuyés et même de pénétration digitale. Perdue, la famille consulte un policier municipal pour savoir que faire. “Tout le monde pleurait”, indique le fonctionnaire lors de ses auditions. Devant les policiers nationaux, les petites maintiennent leurs déclarations : “Papy, il m’a fait du viol”, décrit l’une d’elles.
Le septuagénaire scandalisé par les accusations
Ce 20 mars, Alain* vient à la barre avec une canne, et un casier encore vierge. Les cheveux du septuagénaire sont bien blancs et il porte une moustache. Son attitude, scandalisée, va agacer la présidente Gosteau. “À mon avis, il y a un intérêt financier quelque part”, accuse-t-il d’emblée, “on cherche à m’achever !”. Alain va même jusqu’à qualifier Laetitia de “perverse”, alors qu’elle se trouve juste derrière lui, avec sa maman.
“Elle a une dizaine d’années et elle a décidé de faire face à son agresseur”, souligne maître Burckhardt, pour la famille. L’avocat déplore les dénigrements du prévenu avant de requérir un total de 14 500 euros.
Vingt mois de prison requis
“Je suis atterrée par les explications données par monsieur”, abonde la substitut Dalbera, qui insiste sur les déclarations des deux victimes réitérées, précises et circonscrites. Elle requiert donc vingt mois de prison, dont huit avec sursis probatoire pendant deux ans assorti d’obligations de soins et d’indemniser les victimes, ainsi que des interdictions de contact, de se présenter à leur domicile et d’exercer toute activité le mettant en lien avec des mineurs, pendant cinq ans pour cette dernière.
“Je savais que le premier adversaire de mon client, ce serait lui-même”, plaide maître Deplanque pour Alain. L’avocat rappelle, sans vouloir la nommer, l’affaire Outreau, pour démontrer que la parole des plaignants ne peut suffire à asseoir une condamnation. Enfin, il s’appuie sur les expertises de son client qui évoquent une absence d’intérêt particulier pour les enfants.
Une peine aménagée en bracelet électronique
Le tribunal prononce la peine de dix-huit mois de prison, dont douze, avec sursis probatoire pendant deux ans assorti des obligations et interdictions requises par le parquet. Les juges aménagent la peine en détention à domicile sous surveillance électronique. Alain se retrouve inscrit au FIJAIS, avec une obligation de justifier son adresse aux autorités tous les six mois pendant trente ans. Il devra enfin verser un total de 8000 euros aux parties civiles.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.
Le site de L’Enfant bleu dédié aux maltraitances infantiles.
Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal ou prenez contact avec le Service d’Aide aux Victimes au 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr





