Escaudain. “Il s’est jeté sur moi pour prendre mon téléphone”

Temps de lecture : 3 minutes

Le tribunal a condamné un quinquagénaire qui avait cassé le téléphone de sa compagne avant de la pousser et de la menacer avec deux couteaux à Escaudain en mai 2024. Il est cependant reparti en Mauritanie, son pays d’origine avant son procès.

Image d’illustration par Asif Ikbal Bhuiya de Pixabay
Il n’a pas supporté qu’elle veuille divorcer

Dans l’attente de son jugement, Sofian* était hébergé au Centre d’Observation Judiciaire avec un contrôle judiciaire qui lui interdisait notamment d’entrer en contact avec son épouse. Mais le quinquagénaire a préféré prendre la poudre d’escampette en Mauritanie où il avait rencontré celle qui est devenue sa femme en 2008. Après ce mariage, elle est revenue en France en 2015, et il l’a rejointe en 2023. Sauf qu’elle a alors manifesté son intention de divorcer, Sofian l’a très mal pris et en serait même devenu « paranoïaque ».

C’est dans ce contexte que, le 24 mai, il lui a reproché d’avoir essayé de l’empoisonner et d’avoir changé son code de téléphone. Le quinqua a vu rouge et s’est jeté sur son épouse pour lui prendre son smartphone et le casser au sol. Dans le même temps, il l’a poussée contre le canapé qui s’est cassé sous la violence du choc. Après quoi, il s’est saisi d’un couteau, puis d’un deuxième pour menacer sa victime. Un infirmier venu pour lui prodiguer des soins a permis à celle-ci de s’enfuir et de déposer plainte.

Selon elle, les violences subies jusque-là étaient psychologiques et verbales, mais pas physiques.

Il assure n’avoir saisi les couteaux que pour se défendre

Lors de ses auditions, Sofian a contesté avoir commis toute violence. Selon lui, le téléphone s’est cassé par accident et s’il a bien saisi des couteaux, c’était pour se défendre de sa compagne.

“Je n’avais peur de rien. Je suis allée en Mauritanie seule, en voiture, à deux reprises. Là, j’ai peur d’aller au bout de mon jardin donner à manger à mes poules”, explique la victime qui réitère ses accusations : “il s’est jeté sur moi pour prendre mon téléphone”. Elle précise que les violences ont dû durer une vingtaine ou une trentaine de minutes.

Sofian n’a pas de casier, il souffre de lourds problèmes de santé et exerce comme consultant en informatique.

Maître Rygielski estime que sa cliente a échappé à la mort : “la moitié des féminicides se déroule parce que la femme veut quitter son compagnon”. L’avocate, figure de l’association NousToutes de Valenciennes, évoque des séquelles psychologiques et présente Sofian comme un “manipulateur”. Elle réclame pas loin de 6000 euros de dommages et intérêts.

Un homme « exemplaire » selon son avocat

Maître N’Gary Ba, du barreau de Paris, justifie d’abord la fuite de son client. Selon lui, son séjour au COJ se déroulait très mal avec des violences et des comportements qu’il ne supportait pas : “des gens fumaient de la marijuana sur sa tête !”. Pour le reste, “il n’y a pas eu de violences conjugales”, plaide l’avocat qui présente son client comme un homme “exemplaire” et malade au point d’avoir des difficultés à tenir debout.

Un an de prison avec sursis simple

Le tribunal fixe la condamnation à un an de prison avec sursis en plus d’une interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime pendant deux ans, avec exécution provisoire. Il devra enfin indemniser son épouse pour un total de 2651 euros, frais d’avocat compris.

* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Escaudain.


3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage.


La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal ou prenez contact avec le Service d’Aide aux Victimes au 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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