Vieux-Condé. Prévenu de violences, il se défausse sur sa belle-fille de douze ans

Temps de lecture : 3 minutes

Le tribunal a condamné un quadra ce 25 avril pour plusieurs années de violences intrafamiliales à Vieux-Condé. Mais, selon lui, il se serait comporté de la sorte à cause de la fille de sa compagne.

Image d’illustration par Alexa de Pixabay
« Tout ce qui peut effrayer constitue une violence »

Sébastien*, ouvrier en CDI, vit avec sa compagne depuis onze ans et ils ont eu trois garçons ensemble. Elle a en plus une fille d’une précédente union. En avril 2023, la maman a déposé plainte pour mettre un terme à “l’enfer” que Sébastien leur faisait vivre. Elle parle d’insultes, notamment à l’égard de sa fille, qu’il pouvait traiter de “bâtarde”. Il y avait aussi des coups de poing dans les portes ou les murs, des remarques dégradantes, des claques, des fessées, pour les enfants. “Tout ce qui peut effrayer constitue une violence”, rappelle le président Betermiez.

La maman a consulté un expert psychologue qui n’a pas relevé de situation d’emprise, mais l’entrée dans un syndrome dépressif.

Sébastien reconnaît les faits, mais insiste sur le “contexte” : “quand on se dispute, je mets un coup dans le mur, comme ça, ça stoppe”, explique-t-il. Et de charger sa belle-fille, désormais âgée de quinze ans et partie vivre avec son père : “c’est elle qui créait la plupart des problèmes. […] Elle savait sur quel bouton appuyer pour que je m’engueule avec sa mère. […] Maintenant, elle n’est pas là et ça se passe super bien”. “C’est vous qui comparaissez devant le tribunal”, rappelle le président.

“Il y a un climat de peur qui va être instauré au domicile”, plaide maître Tremmery pour les enfants, qui ressentent “un fort sentiment de culpabilité”. L’avocate soulève par ailleurs que la fillette a écrit un courrier pour prendre la défense de Sébastien, et rappelle qu’il existe des services pour aider les parents en difficulté dans l’éducation des enfants. Elle réclame 6000 euros par enfant et 1200 euros de frais de justice.

“Votre discours me scandalise. C’est vous l’adulte, monsieur”, s’agace la substitut Burillon, qui requiert quatre mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans assorti d’obligations de travail, de soins et d’indemniser les victimes en plus d’un stage de sensibilisation aux violences conjugales.

Six mois de prison avec sursis simple

“Il n’y a qu’un seul responsable de ce qu’il s’est passé : c’est vous”, conclut le président Betermiez au moment de prononcer la peine de six mois de prison avec sursis simple, en prenant en considération son absence d’antécédents judiciaires. Sébastien devra en outre verser 1500 euros pour chacun des quatre enfants victimes, en plus des frais de justice.

* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Vieux-Condé.


3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage.


La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.


Le site de L’Enfant bleu dédié aux maltraitances infantiles.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal ou prenez contact avec le Service d’Aide aux Victimes au 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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