Raismes. Du travail d’intérêt général pour avoir refusé un dépistage de stupéfiants
Ce 25 avril, un Bruaysien de vingt-et-un ans a été condamné par le tribunal de Valenciennes pour avoir refusé de se soumettre à une analyse destinée à prouver une éventuelle conduite sous l’emprise de stupéfiants après un contrôle à Raismes.

Positif à un premier dépistage
Rachid* n’a pas la langue dans sa poche et il se présente à la barre relativement détendu. Il devait se faire accompagner par une avocate, mais… comme ils n’ont pu se mettre d’accord sur le règlement des honoraires, il se défendra seul.
Le 10 octobre dernier vers 15h30, il circulait dans sa voiture quand des policiers ont souhaité le contrôler. D’emblée, les fonctionnaires ont senti une forte odeur de cannabis alors ils ont emmené Rachid au commissariat pour un test salivaire qui s’est avéré positif à plusieurs stupéfiants. Mais, comme ce test manque de fiabilité, il fallait procéder à une autre analyse salivaire ou sanguine. Sauf que le jeune homme a refusé, ce qui constitue une infraction pénale.
Phobie des piqures
Face au tribunal, il assure qu’il s’agit d’un malentendu, qu’il ne voyait pas l’intérêt d’une prise de sang alors qu’il avait déjà accepté le test salivaire et qu’il était déjà suivi par le GREID pour arrêter le cannabis, avec toutes les pièces justificatives à disposition. Selon lui, l’odeur dans sa voiture a été causée par un ami qui avait effectivement fumé un joint dedans. Quant à la prise de sang, s’il l’a refusée, c’est par phobie : “dès qu’on me rentre une aiguille, je tombe dans les pommes”.
Rachid vit chez ses parents, sans ressource, et il attend avec impatience de récupérer son permis, qui a été suspendu pour huit mois, afin de se mettre au travail. Son casier comporte une seule mention qui remonte à 2021. “J’ai arrêté les stupéfiants, c’est pour ça que je l’ai un peu en travers de la gorge”, peste le Bruaysien.
“Les policiers lui ont clairement mentionné qu’il devait faire ce test”, assure la substitut Burillon, qui estime que Rachid fait preuve d’une “particulière mauvaise foi”. Elle requiert donc 105 heures de travail d’intérêt général à effectuer sur un délai de dix-huit mois sous peine de se retrouver trois mois en détention.
“Si on m’avait proposé le test salivaire, j’aurais dit oui”, se défend Rachid, qui tente ensuite de partir dans des explications politico-philosophiques jusqu’à ce que le président Bétermiez lui demande d’arrêter, plutôt amusé.
70 heures de TIG
Le tribunal valide les réquisitions, mais en ramenant les TIG à 70 heures et la peine encourue en cas de manquement à deux mois. Le président fixe aussi la suspension de permis à six mois et indique donc que Rachid peut entamer les démarches pour le récupérer dès le lendemain.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Raismes.
Un problème de dépendance ? L’association GREID peut vous aider.
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