Valenciennes. Sixième condamnation pour des violences sur la même femme
Avec seize mentions sur son casier, dont cinq condamnations depuis 2005 pour des violences sur sa compagne, et alors qu’il se trouvait sous le coup d’un sursis probatoire, ce quadragénaire a récidivé le 23 janvier. Il a de nouveau été envoyé en prison.

Il s’énerve parce qu’elle lui reproche d’avoir bu
Le 27 janvier, dans le box, avec sa barbe et ses cheveux blancs, Sébastien* se montre plutôt calme. Pourtant, quelques jours plus tôt, il avait bu excessivement alors que le lendemain matin il devait accompagner sa fille de 17 ans à l’hôpital pour une opération. Sa compagne lui a reproché son comportement en pleine nuit. Il s’est emporté, a serré les poings, et leur fille, tentant de s’interposer, a reçu un coup au visage. Sa compagne, elle, a été la cible de menaces de mort : « Je vais te brûler, je vais te tuer ! Tu vas finir sous terre comme ton père ! »
Des faits dont Sébastien se souvient de façon vague sans pour autant les contester. « Je ne suis pas du genre à souhaiter la mort de quelqu’un », tente-t-il néanmoins de nuancer. Il accuse sa femme d’infidélité depuis dix-sept ans. Toutefois, l’expertise psychologique souligne une tendance à la victimisation.
Sa dernière condamnation pour violences conjugales remonte à 2023, avec un an de prison ferme et quatre mois de sursis probatoire incluant une obligation de soins pour son alcoolisme. Sa compagne l’avait accueilli à sa sortie pour lui éviter la rue.
« Ca fait dix-neuf ans qu’elle est battue »
« Il n’y a pas de situation d’emprise », affirme Maître Hoffmann, avocate des victimes. « Madame travaille, elle gagne bien sa vie », souligne-t-elle, tout en assurant que la mineure « adore son père. Tout ce qu’elle veut, c’est qu’il se soigne ». Cependant, elle rappelle que les accusations de Sébastien à l’encontre de sa compagne sont toujours les mêmes et infondées. « Maintenant qu’il a frappé leur fille, elle ne veut plus le voir. »
« Les violences conjugales, c’est un fléau national », commence le substitut Beaupré : « c’est une atteinte à la santé mentale », en plus de l’atteinte physique. « Ca fait dix-neuf ans qu’elle est battue », déplore le magistrat, « il ne violente pas n’importe qui, il violente madame, et maintenant mademoiselle. » En conséquence de quoi, le parquet requiert une peine de 18 mois de prison avec maintien en détention et la révocation du précédent sursis à hauteur de 3 mois.
Maître Glapiak plaide la relaxe pour les menaces de mort, estimant qu’elles n’ont pas été réitérées et ne sont donc pas caractérisées. « Son problème d’alcoolisme est ancien et constitue une véritable maladie », soulève l’avocate, ajoutant que « Monsieur n’avait nullement l’intention de frapper sa fille ». « Je suis déçu de mon comportement », admet finalement Sébastien. « Je m’engage à ne plus les embêter. »
Un total de quinze mois de prison
Le tribunal le condamne à un an de prison avec maintien en détention, assorti de la révocation de trois mois de sursis. Il devra également verser 800 euros à sa compagne et 1 200 euros à sa fille en guise d’indemnisation, en plus des frais d’avocat.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
Ressources
Les chiffres de la délinquance à Valenciennes.
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales sexuelles ou sexistes.
Le site de L’Enfant bleu dédié aux maltraitances infantiles.
Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ?
Un problème de dépendance ? L’association GREID peut vous aider.
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr





