Bruay-sur-Escaut. Avec vingt-cinq mentions sur son casier, il commet de nouvelles violences conjugales
Ce 12 mars, un Bruaysien de quarante ans s’est présenté à la barre du tribunal pour répondre de violences conjugales commises en octobre. La présidente lui a fait remarquer qu’il sentait très fort l’alcool.

Un alcoolisme manifestement bien ancré
“Vous avez consommé de l’alcool, là ?” Dès le début, la présidente Gosteau est frappée par l’odeur qui émane de Steeve*. Le quadra répond pourtant, avec une articulation maladroite, que non, il n’a pas consommé avant de se présenter à son procès. Sans convaincre.
Il lui est reproché deux séries de faits. Le 17 octobre, d’abord, sa compagne a indiqué aux policiers qu’il avait déboulé ivre chez elle. Alors, elle lui a fait la morale, mais ça n’a pas plu au quadra parce qu’elle était dans le même état que lui, selon Steeve. Les insultes ont volé d’un côté comme de l’autre, avant que les violences ne deviennent physiques. Elle évoque plusieurs coups de poing au visage et un jet de télécommande sur son front. Les policiers y ont en effet constaté une plaie saignante de trois centimètres.
Vingt-cinq mentions sur son casier
Pour ces premiers faits, Steeve a été placé sous contrôle judiciaire. Mais le 27 janvier, il est retourné chez sa compagne où ils se sont de nouveau disputés. “Il m’a mis une claque quand il a su que j’avais appelé la police”, a indiqué la dame. La présidente demande à Steeve pourquoi il y est retourné, au vu de sa situation. “Par amour, c’est comme ça”, répond le prévenu qui conteste toute violence volontaire. Selon lui, le coup de télécommande, serait survenu de façon accidentelle, pendant qu’il tombait.
Ils sont en couple depuis huit ans avec un enfant de sept ans ensemble. Steeve ne travaille pas et son casier comporte… vingt-cinq mentions.
Le parquet relève d’ailleurs qu’il a été condamné à dix reprises pour des violences, dont trois à l’encontre de sa compagne. La magistrate requiert dix-huit mois de prison dont huit avec sursis probatoire et incarcération immédiate.
Des incohérences dans les déclarations de la victime
“Madame n’est pas très blanche non plus”, plaide maître Fontaine, relevant les propos de la nièce de Steeve, qui a déjà vu celui-ci revenir avec des marques sur le visage. L’avocate pointe par ailleurs des incohérences dans les déclarations de la plaignante pour les seconds faits et réclame donc la relaxe pour ceux-ci. “Ça fait dix ans qu’il a un problème d’alcool”, souligne maître Fontaine avant de détailler “la spirale infernale” dans laquelle le quadra est tombé après le décès de ses parents.
Une relaxe partielle et dix mois avec mandat de dépôt à effet différé
Le tribunal prononce la relaxe pour les faits de janvier et dix mois avec mandat de dépôt à effet différé pour ceux d’octobre. Ce sera donc au parquet de fixer la date à laquelle le quadra devra se présenter en maison d’arrêt. Il lui sera également interdit de contacter sa victime et de paraître à son domicile pendant trois ans.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Bruay-sur-Escaut.
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.
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