Valenciennois. “Il a mis en échec son insertion professionnelle à cause de cette saloperie de drogue”

Temps de lecture : 3 minutes

Au cours de l’audience du 26 juin après-midi, tous les dossiers ont été renvoyés vu que la présidente était souffrante. Cependant, une demande de mise en liberté a été jugée et elle concernait un jeune qui est en train de sombrer dans la drogue.

Image par Temel de Pixabay
« J’ai plus envie d’aller en prison »

Il devait être jugé le 2 juin, mais Sofian* a demandé un délai pour préparer sa défense. Il sera donc jugé le 22 juillet principalement pour des faits de détention et usage de stupéfiants, cannabis et cocaïne, qui auraient été commis le 18 février à Anzin et le 30 mai 2025 à Raismes et Beuvrages. Dans l’attente, Sofian a été placé en détention provisoire. Une détention qui se déroule mal au point qu’il a formulé cette demande pour pouvoir sortir. Mais la présidente lui a fait remarquer que le 17 février, Sofian a été placé sous contrôle judiciaire et que, deux jours plus tard, celui-ci a été révoqué pour violation de ses obligations. Remis en liberté en mars, il est donc cette fois poursuivi pour des faits commis en mai.

“J’ai plus envie d’aller en prison, tout ce qu’il faudra faire, je le ferai”, clame le Raismois de 22 ans, à la limite de la supplication et des larmes. Célibataire, sans enfants, sans emploi depuis deux ans, il vit chez ses parents et veut devenir… chauffeur routier. “Vous vous rendez compte que c’est contradictoire avec la consommation de stupéfiants ?”, interroge la présidente. Sofian en est bien conscient, mais il assure que cette fois, c’est la bonne. Sa seule et unique condamnation ne figure pas encore sur son casier, puisqu’elle date du 28 mars : 24 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire pour des violences. Il devait bénéficier d’un bracelet électronique, mais… la mesure n’a pu être mise en œuvre avant sa nouvelle interpellation.

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L’enfer de la drogue

“C’est vrai que cette demande peut vous paraître un peu loufoque…”, concède maître Galluet, avant de déballer ses arguments : “ça ne se passe pas bien du tout en maison d’arrêt. Ça se passe tellement mal qu’il n’ose pas aller à l’infirmerie, alors qu’il est diabétique”. L’avocate souligne que son client a sombré dans la toxicomanie il y a deux ans et regrette que le bracelet électronique ne lui ait pas été posé, estimant que ça aurait empêché Sofian de commettre ces nouveaux faits. “Il a mis en échec son insertion professionnelle à cause de cette saloperie de drogue”, peste-t-elle, “et il y a beaucoup plus de produits à l’intérieur de la maison d’arrêt qu’à l’extérieur, je pense que tout le monde le sait”.

“La seule chose qu’on lui demande, c’est de respecter la loi, surtout quand on est sous sursis probatoire”, assène la substitut Dalbera, qui requiert le rejet de la demande de mise en liberté.

Rejet de la DML

Le tribunal a suivi l’avis du parquet, au vu du risque de réitération des faits. Sofian devra donc attendre d’être jugé en détention provisoire.


* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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