Valenciennes. Une “dernière chance” pour un jeune qui multiplie les violences depuis un an
Ce Valenciennois de 22 ans a déjà été condamné pour des faits similaires le 16 avril dernier. Pourtant, le tribunal a décidé de ne pas l’envoyer en prison, au vu, notamment, de son parcours “dramatique”.

Une multiplication des condamnations pour des faits violents
Dans le box des prévenus, Ryan* se dandine comme un enfant pris en faute et se contente de répondre de façon très brève aux questions des magistrats. Plutôt mince, il arbore une barbe de trois jours, des cheveux bruns et courts, porte un t-shirt blanc. Son casier présente déjà trois mentions depuis août 2024, qui lui ont valu successivement du sursis simple, probatoire et une peine mixte lors de sa dernière condamnation, en avril. Il doit encore être jugé, en novembre, pour des violences conjugales qui auraient été commises en 2022.
Célibataire, sans enfants, sans emploi, sans diplôme, sans aucun revenu, Ryan a été placé dès sa naissance pour lui éviter de subir les violences de ses parents. Il n’a jamais vu sa mère. Son père se contente de lui donner un peu d’argent de temps en temps, avec lequel le jeune homme s’alcoolise. Depuis sa majorité, ce dernier n’a plus de logement.
Des violences à l’encontre d’un veilleur et d’un autre résident
C’est dans ce contexte qu’il s’est trouvé un premier hébergement dans un foyer, en avril, sauf qu’il s’en est pris violemment à l’un des employés de l’établissement. Ce qui lui a valu sa précédente condamnation, comme le rappelle l’une des assesseurs, qui a officié lors de ce procès. Ryan a cependant eu la chance de trouver un autre foyer qui a accepté de l’accueillir, à Valenciennes.
Sauf que le 1er juillet, il s’est enfilé un flash de vodka et une bouteille de champagne avant de revenir dans le foyer en question. Là, le veilleur l’a réprimandé, puisqu’il est strictement interdit de s’y présenter dans cet état. En réaction, Ryan lui a porté un coup de poing au visage. Sa victime a néanmoins réussi à le maîtriser et l’a invité à prendre une douche pour se calmer. Malheureusement, le jeune homme a de nouveau perdu ses nerfs, contraignant le veilleur à le mettre dehors et à attendre l’arrivée de la police.
Il explique avoir voulu s’en prendre à un pédophile
Ryan explique avoir vu rouge à cause d’un résident d’une trentaine d’années qui aurait fait des avances à sa “soeur de coeur”, âgée de seulement 12 ans. Il a donc voulu lui donner une leçon, mais le veilleur l’en a empêché, ainsi qu’un autre résident qui s’est interposé et qui s’est donc pris une gifle. Ce dernier n’a néanmoins pas souhaité déposer plainte, de peur d’être catalogué comme “une balance”. Le veilleur, quant à lui, estime que le coup qu’il a reçu s’inscrit dans le cadre de son travail. Il ne s’est donc pas constitué partie civile.
“On est sur une réitération de faits identiques”, insiste la procureure adjointe Mazingarbe qui relève que Ryan a l’habitude d’errer au niveau de la gare de Valenciennes, “ce qui n’est pas neutre en matière d’insécurité”. La magistrate souligne, par ailleurs, le grand professionnalisme du veilleur qui a tenté d’apaiser la situation après avoir pris un coup de poing. Elle estime, néanmoins, qu’il aurait dû se constituer partie civile. Madame Mazingarbe concède que le prévenu a connu “une vie absolument dramatique” qui l’a conduit à une grande solitude, mais à ses yeux, il aurait dû se prendre en charge, en particulier au niveau de son addiction à l’alcool. Elle requiert donc six mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation du précédent sursis à hauteur de deux mois.
« Il n’a pas eu les outils pour se structurer »
“Il n’a pas eu les outils comme nous avons pu les avoir, pour se structurer”, plaide maître Lagache qui assure que ce “jeune adulte encore en construction” “essaie de s’en sortir”. L’avocate réclame une peine qui lui permettra de mettre en place le suivi qui n’a même pas eu le temps de commencer avec sa précédente condamnation.
Une peine aménageable
Le tribunal y a fait droit en prononçant la peine de six mois de prison ferme, mais sans maintien en détention. “Il est temps que vous preniez votre vie en main. […] C’est la dernière chance qui vous est donnée”, commente le président Barry qui espère que les suivis ordonnés dans le précédent sursis probatoire produiront rapidement des effets. Sans quoi, la prochaine fois, Ryan n’échappera pas à la prison.
* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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