Saint-Amand. En complet état d’ivresse, il s’en prend violemment à sa compagne

Temps de lecture : 2 minutes

À trente ans, cet Amandinois cumulait déjà trois mentions sur son casier pour violences conjugales. Il en a ajouté une quatrième suite à ces faits terrifiants commis le 1er avril dernier.

Stop aux violences faites aux femmes

Le contexte

Entouré par son escorte, dans le box, Cédric* affiche une barbe noire et une veste assortie. Plutôt grand, il présente bien. Sa mère était déjà alcoolique, violente et battue, a-t-il indiqué. Sans activité depuis mars, il comptait lancer sa micro-entreprise dans la propreté prochainement.

Les faits

Sauf que ce 1er avril dans l’après-midi, il est allé promener son chien, laissant sa compagne, qu’il fréquente depuis cinq mois, pendant à peine trente minutes. À son retour, il était complètement alcoolisé et comme délirant. “Je vais tout faire péter, sur le Coran de la Mecque”, a-t-il lancé à sa compagne, en se dirigeant vers les tuyaux de gaz. Celle-ci s’est interposée et Cédric l’a serrée à la gorge pour, ensuite, la menacer avec des ciseaux et un couteau. Les policiers l’ont trouvé devant le domicile, avec ces armes, et d’autres encore cachés un peu plus loin. La compagne a eu “extrêmement peur”. Cédric se souvient juste avoir bu de la vodka au boulodrome. “Si je commence à boire un verre, je bois la bouteille”, a-t-il déploré face au tribunal, “il faut que je me fasse soigner”. Heureusement, les enfants de sa compagne n’ont pas assisté aux faits.

Les débats

“Ils auraient pu découvrir leur mère morte”, a lancé la substitute Chopin au moment de ses réquisitions. Pour la magistrate, “le risque de récidive est énorme” au vu des trois précédentes mentions sur le casier pour des faits similaires. Elle a requis douze mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation d’un précédent sursis à hauteur de trois mois et d’un suivi socio-judiciaire de quatre ans.

“C’était la consommation de trop”, a plaidé Me Legrand qui estime que Cédric a besoin d’un “réel sevrage”.

Le délibéré

Le tribunal a fixé la peine à trente mois de prison dont quinze avec sursis probatoire assorti notamment d’une interdiction de contact avec la victime, qui ne s’est pas constituée partie civile et qui ne veut simplement plus de cette relation. Son précédent sursis a également été révoqué et le maintien en détention a été prononcé.

* prénom(s) d’emprunt

Ressources

3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage. https://arretonslesviolences.gouv.fr/

Des questions par rapport à votre consommation d’alcool ou celle de vos proches ? https://www.alcool-info-service.fr/

Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 29bis Boulevard Carpeaux 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26

En 2023, 72 plaintes ont été enregistrées à Saint-Amand-les-Eaux (16 500 habitants) pour des violences intrafamiliales. En 2022, ce chiffre s’élevait à 84. (Source: https://ville-data.com/delinquance/Saint-Amand-les-Eaux-59-59526)

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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