Aulnoy-lez-Valenciennes. Un policier condamné pour avoir amassé un arsenal non déclaré à son domicile

Temps de lecture : 2 minutes

Le RAID a dû intervenir au domicile du quadra le 29 mars dernier, après une première intervention un an plus tôt, pour découvrir celui-ci inerte suite à une tentative de suicide, ainsi qu’un véritable arsenal.

Image d’illustration par Antonín Rylka de Pixabay

Le contexte

Cheveux courts, sweat-shirt gris, lunettes, David* a peiné à retenir ses larmes lors de son procès, ce 28 mai. Il faut dire qu’il n’était sorti de psychiatrie que depuis un mois, souffrant d’une dépression sévère due à une séparation douloureuse. David présente un casier vierge, il est gardien de la paix depuis 2016, après avoir longtemps été adjoint de sécurité. Tireur sportif, il se passionne depuis longtemps pour les armes et pour l’histoire, notamment la deuxième guerre mondiale. C’est pourquoi il a récupéré de nombreux pistolets, fusils, grenades ou encore couteaux de son grand-père décédé. Des armes qu’il a accumulées à son domicile, sans les déclarer pour la plupart alors que la loi l’y obligeait. Elles étaient néanmoins entreposées dans des coffres soigneusement fermés à clés et sécurisés.

Les faits

C’est dans ce contexte que le 22 mai 2023, ses collègues policiers ont dû intervenir: son épouse les a avertis d’un risque de suicide chez David. Ils se sont rendus à son domicile et y ont trouvé la plupart des armes, qu’ils ont immédiatement saisies.

Le quadra a été remis en liberté après avoir été entendu, dans l’attente d’éventuelles poursuites. Mais le 29 mars 2024, c’est le RAID qui a dû intervenir à son domicile suite à une tentative de suicide. Une intervention qui a beaucoup marqué le quartier. À l’intérieur, les policiers ont trouvé David, inerte. Ils l’ont amené à l’hôpital. Et dans le même temps, de nouvelles armes ont été découvertes. Toujours non déclarées. Selon les démineurs, certaines pouvaient toujours se montrer dangereuses. “Pour moi, tout était vide et inerte”, a réagi David lors de son procès, surpris. “Si un incendie s’était déclenché chez vous, c’était le feu d’artifice dans le quartier”, lui a répondu la présidente Gosteau. Le prévenu reconnaît cependant avoir fait preuve de négligence dans la régularisation de ses armes. “La seule chose qui me reste, c’est mon métier”, s’est-il lamenté à la barre. En arrêt maladie depuis un an, il doit encore passer en conseil de discipline pour savoir s’il pourra continuer à exercer en tant que policier.

Les débats

“C’était particulièrement irresponsable”, s’est agacée la procureure Christelle Dumont, “c’est d’autant plus grave quand on est fonctionnaire de police”. Elle a requis vingt mois de prison avec sursis probatoire.

“Ce n’est pas un fou dangereux”, a notamment plaidé Me Hoffmann indiquant par ailleurs que David avait lancé les démarches pour régulariser sa collection, mais qu’il n’était pas allé assez vite.

Le délibéré

Le tribunal a fixé la sanction à huit mois de prison avec sursis simple. Une peine qui ne figurera pas sur le bulletin numéro deux de son casier.

* prénom(s) d’emprunt

Si vous êtes en détresse et/ou avez des pensées suicidaires, si vous voulez aider une personne en souffrance, vous pouvez contacter le numéro national de prévention du suicide, le 3114.

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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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