Marly. Contrôlé avec 40 000 euros d’ecstasy malgré l’interdiction de territoire
Ce 12 juin 2024, un ressortissant tunisien installé en Autriche a été contrôlé sur l’A2 alors qu’il détenait plus de 40 000 euros d’ecstasy. Il avait déjà été condamné pour les mêmes faits à Lille, en 2021, à de la prison ferme et une interdiction définitive de paraître en France.

Déjà condamné pour détention et transport de stupéfiants
T-shirt noir, cheveux courts, Bachir* a besoin d’une interprète pour se faire comprendre depuis le box des prévenus. Il affirme avoir trente-et-un ans, être titulaire d’un master en gestion de ressources humaines obtenu en Tunisie et exercer comme coiffeur en Autriche, quand il en a l’occasion. En mars 2021, il a déjà été condamné à dix mois de prison avec maintien en détention ainsi qu’une interdiction définitive de paraître en France, pour détention et transport de stupéfiants. Bachir risque donc gros pour ce passage en comparution immédiate, ce 17 juin.
Les faits
Le président Ott a rappelé les faits: le 12 juin vers 20h20, Bachir est contrôlé par les douanes dans un véhicule qui circulait sur l’A2 en direction de Paris. Derrière un plafonnier, les fonctionnaires découvrent six grammes de cocaïne. Bachir reconnaît qu’il s’agit de sa propre consommation et celle du conducteur du véhicule. Mais les douaniers trouvent également deux kilos d’ecstasys dissimulés derrière la boîte à gants. Des stupéfiants dont la valeur a été estimée à plus de 40 000 euros.
Bachir reconnaît avoir été missionné par un tiers, à Paris, pour acheminer la drogue depuis Rotterdam, contre une rémunération totale de 1500 euros. Le conducteur, qui ignorait pour l’ecstasy, a été condamné un peu plus tôt en “plaider coupable” à sept mois de prison avec sursis probatoire. Bachir se retrouve, lui, en comparution immédiate.
Pour ne rien arranger à sa situation, en garde à vue, il a refusé de donner son code pour que les policiers puissent exploiter son téléphone, il a aussi insulté deux fonctionnaires et tenté de porter un coup de tête à l’un d’eux, sous l’œil électronique d’une caméra.
Pourtant, Bachir conteste ces derniers faits: “Je ne suis pas fou pour mettre un coup de tête à un policier dans un commissariat”. Il reconnaît cependant avoir transporté les stupéfiants: “C’était une erreur de ma part, mais j’étais dans le besoin. Ça devait me permettre d’effacer une dette de 500 euros”. Il a également parlé d’envoyer de l’argent à sa famille, en Tunisie, pour l’Aïd.
Les débats
“Les trafics de stupéfiants ne peuvent pas exister sans ces petites mains qui s’occupent du transport”, a souligné la représentante du parquet. Quant au comportement de Bachir en garde à vue, elle a précisé que même l’avocate qui devait l’y assister a eu peur de lui.
La décision du tribunal
Le tribunal a fixé la sanction à trois ans de prison avec maintien en détention. Il devra également s’acquitter de deux amendes d’un montant équivalent à la valeur des produits, soit 40 000 et 360 euros.
* prénom(s) d’emprunt
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