Prouvy. Deux ans de prison pour des violences sur sa compagne et leurs enfants
Le trentenaire s’est montré très agité lors de son jugement, ce 9 juillet, au point qu’il a fallu l’expulser de la salle. En récidive, il a été lourdement condamné pour ces violences commises depuis 2022.

Elle a rencontré le trentenaire alors qu’il vivait à la rue
Dans le box, Mohamed*, plutôt grand, barbe et cheveux noirs, en survêtement bleu et blanc, ne tient pas en place. Il interrompt les magistrats en permanence. Au RSA depuis 2019, il est originaire de Vénissieux. Son casier présente six condamnations depuis 2007. Jessica* l’a rencontré alors qu’il vivait à la rue, et ils ont eu quatre enfants ensemble. Ils ont néanmoins rompu en 2017, après de premières violences. Le psychologue qui l’a expertisé le présente comme ayant « une personnalité immature, impulsive, intolérante à la frustration avec un fonctionnement psychopathologique ». Il reste néanmoins pleinement responsable de ses actes au niveau pénal.
Les faits
Le 24 mai, Jessica a utilisé le téléphone grave danger qui lui avait été confié pour avertir les autorités que Mohamed est de nouveau venu se montrer violent avec elle. La jeune femme explique qu’il s’est introduit dans son jardin, au prétexte de son anniversaire, pour voir ses enfants, âgés de deux à sept ans. Là, il a tenu des propos salaces devant eux ce qui n’a pas plu à Jessica. Il les a alors tous menacés de mort. Jessica a indiqué par ailleurs que Mohamed s’impose régulièrement à son domicile, malgré la mesure d’éloignement, pour les insulter, les menacer et commettre des violences physiques.
Leur fille de sept ans a confirmé les déclarations de sa maman. « Je suis coupable. J’ai dit des mots qui ont dépassé ma colère (sic) », a reconnu le prévenu lors de son jugement. « Elle n’a pas peur de moi, c’est elle qui m’a cassé les dents. Je fais soixante kilos tout mouillé », a-t-il néanmoins minimisé. Quant aux traces de coups relevées sur les jambes de ses enfants : « je joue beaucoup à la bagarre avec eux ».
« C’était vraiment quelqu’un de très poli, de très correct »
« Je suis choquée, parce que l’homme que vous voyez, c’est pas celui que j’ai connu il y a encore deux ans », a indiqué Jessica, à la barre, « c’était vraiment quelqu’un de très poli, de très correct ». « Madame n’a jamais souhaité exclure monsieur de la vie des enfants », a ajouté Me Le Bot, avocate de Jessica, « elle a toujours essayé d’apaiser la situation, mais ça n’a pas suffi ». L’avocate a réclamé 300 euros de dommages et intérêts pour chaque enfant, « impacté » par ces violences physiques et verbales, mais Jessica ne demande rien pour elle.
« Le mettre hors d’état de nuire à ses enfants et à madame »
« Le comportement de monsieur à l’audience est insupportable », s’est émue la représentante du parquet, devant un box vide, Mohamed ayant été expulsé quelques minutes plus tôt. La magistrate a évoqué les cinq dépôts de plainte de Jessica depuis mars 2023 à l’encontre du prévenu. Elle estime qu’il faut le mettre « hors d’état de nuire à ses enfants et à madame ». Elle a donc requis une peine de trois ans de prison, dont un avec sursis probatoire et maintien en détention pour la partie ferme, en plus du retrait de l’autorité parentale sur les enfants concernés.
Le délibéré
Le tribunal a fixé la sanction à deux ans de prison avec maintien en détention en plus d’une interdiction de contact pendant cinq ans avec Jessica. L’autorité parentale lui a bien été retirée et les demandes de la partie civile ont été validées en l’état.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage. https://arretonslesviolences.gouv.fr/
Le Service d’Aide aux Victimes apporte un soutien psychologique et juridique aux victimes : 102, avenue de Reims 59300 Valenciennes ou 03 27 20 26 26 ou sav.valenciennes@ajar.fr
En 2023, 72 plaintes ont été enregistrées à Condé-sur-Escaut (9 600 habitants) pour des violences intrafamiliales. En 2022, ce chiffre s’élevait à 86. (Source: https://ville-data.com/delinquance/Conde-sur-l-Escaut-59-59153)





