Denain. Après « une dizaine de bouteilles », les violences conjugales
Le 13 août à Denain, ce couple a consommé une grande quantité d’alcool. Ensuite, le trentenaire a asséné des coups de poing à sa compagne, en présence de leur enfant de cinq ans. Il a été condamné à un total de quinze mois de prison. Il était représenté par maître Audenard.

Le contexte
Dominique* se présente dans le box vêtu d’un t-shirt noir. Châtain, les cheveux en brosse, il semble assez nerveux. Il faut dire qu’il n’est sorti de prison que depuis une quinzaine de jours et il sait qu’il a de fortes chances d’y retourner après ces nouveaux faits. À trente-trois ans, son casier comporte quinze mentions depuis 2008. Parmi elles, des condamnations pour violences à l’égard de son père, de son beau-père, d’ex, mais aussi de sa compagne actuelle, Céline*. Ils sont ensemble depuis dix ans et ont un enfant de cinq ans, Ryan*.
Dominique se trouve toujours sous un ancien sursis probatoire de trois mois. Il n’a aucun diplôme, a arrêté l’école à treize ans. Sans travail, il perçoit les allocations de retour à l’emploi. Ses condamnations, notamment pour conduite en état alcoolique, lui ont fait perdre son poste dans le désamiantage. Il indique, par ailleurs, que sa maman avait également un souci d’alcool et que son beau-père était violent.
Les faits
Le 13 août, la police a dû intervenir vers 21 h au domicile du couple, à Denain. Ils avaient bu « l’apéro », avec un voisin, depuis midi. Selon Dominique, ils auraient englouti pas moins d’une dizaine de bouteilles : « on a bu du mousseux, du crémant, des bières, du pastis… ». Et puis, il a vu rouge, a balancé des insultes sexistes. Alors, elle l’a poussé au niveau du torse et en réaction, il lui a asséné plusieurs coups de poing au visage et dans l’abdomen. Les policiers n’ont pas été accueillis avec plus de calme, recevant, eux, des menaces de mort : « je vous fume tous les trois d’une balle dans la tête ». Lors de ses auditions, Céline a également parlé de gifles la veille, ce que conteste Cédric : « on se taquine ».
Pour le reste des faits, « c’est le trou noir ». Céline n’a cependant pas souhaité déposer plainte, ni même consulter de médecin légiste. « On s’aime, mais quand on est ensemble, ça ne va pas et quand on n’est pas ensemble… ça ne va pas non plus », indique Dominique, « on croule à deux, on n’est pas faits l’un pour l’autre ».
Les débats
Maître Duez représente les intérêts de Ryan, « victime indirecte » de ces faits du haut de ses cinq ans, car il se trouvait dans la maison à ce moment. D’après l’administrateur ad hoc, Ryan serait « turbulent et perturbé à ce jour ». L’avocate réclame donc 1000 euros qu’il pourra toucher à sa majorité, si le tribunal les lui accorde.
« Malgré l’intervention de la police, ce comportement violent ne s’arrête pas », constate la représentante du parquet, madame Berbion. La magistrate souligne, par ailleurs, que le tribunal a prononcé de multiples peines avec suivi pour aider Dominique à se prendre en main. « C’est mis en échec systématiquement par le prévenu », déplore-t-elle. « C’est pas le couple qui dysfonctionne, c’est monsieur », ajoute la magistrate qui estime que Dominique aurait dû aller chez sa mère à sa sortie de prison plutôt que de retourner avec Céline. Elle requiert quinze mois de prison avec maintien en détention en plus de la révocation du sursis à hauteur de trois mois ainsi qu’une interdiction de contact et de domicile pendant deux ans.
« Il tente, avec ses moyens, de s’en sortir »
« Il se souvient juste qu’il y a eu une alcoolisation plus que massive », note maître Audenard pour Dominique. L’avocate souligne également qu’il n’y avait plus eu de condamnation pour violences conjugales depuis 2018. « Il tente, avec ses moyens, de s’en sortir », plaide-t-elle.
Le délibéré
Le tribunal a fixé la sanction à un an de prison avec maintien en détention en plus de la révocation du sursis de trois mois. Il sera également interdit à Dominique d’entrer en contact avec sa victime et de se présenter à son domicile pendant deux ans. Il devra, enfin, indemniser son fils à hauteur de 1000 euros, comme réclamé, et à hauteur de 300 euros pour chacun des trois policiers menacés et insultés.
* prénom(s) d’emprunt
Ressources
Les chiffres de la délinquance à Denain
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