Vieux-Condé. Deux hommes condamnés pour des violences réciproques et… incompréhensibles

Temps de lecture : 2 minutes

Ils étaient de “bons amis”, mais ce matin du 5 novembre 2024, il y a eu comme un coup de folie qui aurait pu très mal se terminer. L’un d’eux s’est en effet saisi d’un couteau pour frapper le visage de l’autre. Le tribunal les a jugés ce 20 mars.

Image d’illustration par Michal Renčo de Pixabay
Des différends a priori futiles

Au départ, ils étaient amants, amis et colocataires. Et puis tout a dégénéré de façon assez incompréhensible. D’un côté, il y a Steeve*, cinquante-sept ans, avec sa barbe blanche et ses lunettes, ancien chauffeur de car de tourisme, avec un fort caractère et une grande gamelle. Au point d’énerver la présidente Gosteau. De l’autre, Tanguy*, quarante-cinq ans, cheveux châtains avec une barbe et des lunettes, lui aussi, et un physique autrement plus frêle. Schizophrène, il perçoit l’allocation adulte handicapé et doit prendre un traitement assez lourd.

Sur les faits, ils s’accordent sur l’existence de quelques différends à propos de la colocation et des fréquentations de Tanguy, mais rien qui puisse vraiment expliquer le déchaînement de violences de ce 5 novembre en milieu de matinée. Dans la cuisine, Steeve a plaqué Tanguy contre plusieurs meubles et a tenté de l’étrangler. En réaction, Tanguy a saisi un couteau pour frapper Steeve au visage, sur le cou et le crâne à huit reprises. Le légiste a relevé une incapacité totale de travail de dix jours sur ce dernier, deux jours pour Tanguy. Aucun n’avait consommé ni alcool ni drogue. Le psychiatre estime qu’il ne s’agit pas d’un épisode de décompensation pour Tanguy.

“Je l’ai empêché de devenir complètement fou”, se défend pourtant Steeve à la barre du tribunal. “Vous n’êtes pas en état de légitime défense quand vous lui attrapez le cou”, lui rétorque la présidente. “C’était pour le calmer”, insiste Steeve.

“Inconsciemment, j’ai pris ce que j’ai trouvé”, répète Tanguy, qui estime que c’est Steeve qui “délirait”. Son avocate, maître Garlatti, plaide la légitime défense en rappelant que son client s’est coupé lorsqu’il a saisi l’arme.

Du sursis pour l’un et une amende pour l’autre

Le tribunal écarte cette circonstance et prononce la peine de six mois de prison avec sursis simple à l’encontre de Tanguy et condamne Steeve à une amende de 750 euros.

* prénom(s) d’emprunt

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Vieux-Condé.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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