Famars. « Je me suis réveillé à l’hôpital, complètement ligoté »

Temps de lecture : 3 minutes

Ce 2 septembre, un Quercitain de 28 ans a été condamné pour avoir conduit dans un état d’ivresse avancé, sans permis, avec un bracelet électronique. Il a envoyé son véhicule dans le décor et blessé une gendarme, à Famars. Il était défendu par maître Babouri.

Image d’illustration par Aristal Branson de Pixabay
Sous bracelet électronique, sans permis, alcoolisé au volant

Les cheveux de Jordan* sont très courts et bruns. Il porte un t-shirt blanc et semble tremblotant. Intérimaire, il se trouvait sous bracelet électronique et son permis lui avait déjà été retiré. Son casier fait état de dix condamnations, mais il n’avait encore jamais été incarcéré. Il a une compagne et deux enfants. « À 18 ans, on m’a mis dehors du foyer où je vivais en me souhaitant bonne chance. Depuis, je travaille et j’essaie de m’en sortir, mais à chaque fois, je paie mes erreurs », explique Jordan à ses juges.

Les faits

Le 19 juillet vers midi, il a fêté la fin d’un chantier avec ses collègues. Jusqu’à s’enfiler sept whisky, soit 2,23 grammes d’alcool dans le sang relevés après l’accident. « Je bois très très peu, mais ce jour-là, j’ai compris que j’ai un problème parce que j’ai pas su m’arrêter », commente Jordan lors de son procès. Il a appelé sa compagne pour qu’elle vienne le chercher, mais il a pris le volant avant qu’elle n’arrive. La suite, il a fallu la lui raconter ou la lui montrer en vidéo. « Mon dernier souvenir, c’est mon dernier verre. Je me suis réveillé à l’hôpital, complètement ligoté ».

Une gendarme blessée aux mains

Le président Ott s’appuie sur les déclarations des gendarmes qui ont dû intervenir parce que le véhicule de Jordan s’est retrouvé accidenté, au milieu de la route, un peu après 16h. Le jeune homme, déchaîné, s’en est pris à eux. Il a même blessé une militaire aux deux mains, occasionnant un arrêt de travail de plus d’un mois.

Face aux vidéos de son interpellation, Jordan reconnaît qu’il avait l’air comme « fou ». « Vous êtes un danger au volant, vu votre casier judiciaire », lance le président Ott, avant de dresser la liste des délits routiers qui y figurent. « Si jamais quelqu’un avec dix condamnations sur son casier, sous bracelet électronique, avec son permis annulé, alcoolisé, renversait vos enfants, vous voudriez quoi pour cette personne ? », lui demande la subsitut Dalbera. Jordan baisse la tête.

« je ne veux pas que son cas soit un exemple »

« C’est une série de mauvaises décisions qui ont été prises par monsieur », résume la représentante du parquet qui rappelle que Kévin a bénéficié de son aménagement sous forme de bracelet électronique très récemment. « Je ne vois pas d’alternative à la détention », poursuit-elle, « vous ne pouvez plus faire confiance à monsieur quand il vous dit qu’il ne recommencera pas ». Elle requiert donc 2 ans de prison avec maintien en détention, ainsi que l’interdiction de conduire tout véhicule non équipé d’un éthylotest anti-démarrage.

« Les juges ne sont pas laxistes, ils ne sont pas répressifs », plaide maître Babouri quelques jours après qu’un gendarme a été tué lors d’un refus d’obtempérer et qu’une fillette, Kamilya, meurt renversée par un chauffard, dans le sud. « Il est conscient d’avoir failli, mais je ne veux pas que son cas soit un exemple », continue l’avocat qui demande donc à réduire le quantum réclamé.

Le délibéré

Le tribunal fixe la sanction à 8 mois de prison avec maintien en détention, en plus de l’interdiction de conduire requise par le parquet. Il devra également indemniser la gendarme pour un total de 2100 euros, et son collègue, qui a subi outrages et crachats, à hauteur de 1100 euros au total.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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