Anzin. Le rassemblement familial se termine par un déferlement de violences
Le 29 août dernier, ils s’étaient réunis pour commémorer la disparition de la grand-mère un an auparavant. Mais l’alcool et de vieilles rancœurs ont amené un Condéen de vingt-cinq ans à se déchaîner contre son oncle, sa cousine et d’autres. Il a été condamné ce 7 mars.

Sa compagne avait senti la violence arriver
Contrairement à bon nombre de prévenus, Jordan* a pris soin de bien s’habiller pour son jugement : chemise blanche, pantalon noir, ses cheveux bouclés bien coiffés… Son casier est encore vierge quand il se présente à l’audience de juge unique de ce 7 mars pour répondre de violences intrafamiliales.
Les faits se sont déroulés le 29 août dernier, en fin d’après-midi. Il s’est rendu à une réunion de famille en l’honneur de sa grand-mère qui l’a éduqué et qui est décédée un an plus tôt. Habituée, la compagne du jeune homme a pressenti qu’il allait s’alcooliser et s’énerver. Et elle ne s’est pas trompée. Jordan a voulu prendre le volant pour rentrer, avec leurs enfants de trois et un ans. Sa compagne l’en a empêché; il a pété un câble.
La scène a duré environ une heure. Une voisine a même dû mettre les enfants à l’abri et appeler la police municipale. Jordan échange des coups avec son oncle. Sa compagne l’éloigne pour le calmer, mais elle échoue : il la pousse au sol, la blessant au poignet, et repart à l’assaut. Sa cousine s’interpose, il lui claque la tête contre le capot d’une voiture et la roue de coups. Le tout devant de nombreux voisins… qui n’ont pas jugé bon d’intervenir. “Ils assistent au spectacle”, ironise la présidente qui raconte les faits.
Au moment où les policiers arrivent, la cousine maintient Jordan par une clé de bras et lui porte des coups au visage pour qu’il cesse de la mordre.
Des violences bien ancrées dans la famille
À la barre, le Condéen reconnaît les faits, même s’il ne s’en souvient pas vraiment. L’oncle n’a pas souhaité être auditionné. Jordan indique qu’il voulait “lui rendre la monnaie de sa pièce”, parce qu’il aurait été violent avec sa mère et avec lui, dans son enfance. “Pour dénoncer des violences, vous en commettez”, relève la présidente. “C’est l’alcool qui a parlé”, répète le prévenu, penaud. “Non, ce sont vos problèmes psychologiques et votre violence qui ont parlé”, insiste la juge, “ce n’est pas l’alcool qui rend violent, il vous empêche de vous contrôler”.
“Depuis ce qu’il s’est passé, je trouve que j’ai énormément changé, je suis beaucoup plus lucide”, assure Jordan, “je ne bois plus aucune goutte d’alcool.”
Le parquet se montre inquiet pour les enfants
La procureur adjointe Mazingarbe dénonce “une banalisation totale de l’usage de la violence physique dans ce contexte familial.” Elle se montre particulièrement inquiète pour les enfants qui ont vu leur père alcoolisé et qui doivent nécessairement sentir les tensions. La magistrate requiert six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans assorti d’obligations de soins et de travail, ainsi que d’une interdiction de porter une arme pendant cinq ans.
“C’est difficile de défendre un prévenu quand il n’a que des flashs de la scène”, déplore maître Hoffmann, qui rappelle que son client se trouvait dans une “situation d’émotion intense” avec en plus une “colère sourde” à l’encontre de son oncle. “Il a une immense honte”, plaide maître Hoffmann, qui souligne enfin que Jordan est bien inséré et a même été promu chef d’équipe.
Six mois de prison avec sursis probatoire
Le tribunal valide les réquisitions du parquet. Aucune victime ne s’est constituée partie civile pour réclamer des dommages et intérêts.
* prénom(s) d’emprunt
Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.
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Ressources
Les chiffres de la délinquance à Anzin.
La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.
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