Trith-Saint-Léger. “Vous portez préjudice à toutes les femmes victimes de violences conjugales”

Temps de lecture : 3 minutes

Ce 7 mars, un couple s’est retrouvé à la barre du tribunal pour plusieurs scènes de violences commises en 2021 et 2023. Les magistrats ont notamment reproché à la jeune femme d’avoir instrumentalisé la police pour mettre son compagnon à la porte.

Image d’illustration par Annabel_P de Pixabay
Déjà condamné en 2019 pour violences conjugales

Gérald* a vingt-sept ans et vit désormais à Hérin. Châtain, barbu, il dispose d’une carrure plutôt imposante. Surtout en comparaison de Marion*, beaucoup plus petite et menue, avec ses longs cheveux bruns qu’elle a attachés.

En novembre 2021, la jeune femme a appelé la police pour accuser Gérald de lui avoir craché dessus, de lui avoir cogné la tête contre une armoire et de lui avoir jeté une basket parce qu’il n’a pas apprécié qu’elle le réveille. Le jeune homme se trouvait déjà sous le coup d’un sursis depuis 2019 pour des violences à l’encontre de Marion. Gérald reconnaît bien avoir jeté la basket, mais rien d’autre et… en confrontation, sa compagne avoue en avoir rajouté parce qu’il l’a trompée. La procédure a alors été classée.

Mais le 15 juillet 2023, la police est de nouveau requise pour intervenir à leur domicile. C’est une voisine qui a composé le 17 après avoir entendu une violente dispute dans le couple. Elle explique avoir vu Marion tenter de planter Gérald avec des ciseaux, tout en tenant leur bébé dans les bras. La jeune femme reconnaît cette fois lui avoir jeté des clés à la figure et lui avoir porté une claque parce qu’il dormait encore à midi. Elle conteste par contre avoir tenté de le planter avec des ciseaux, mais avoir simplement voulu découper le t-shirt de son compagnon, alors que leur bébé se trouvait à l’écart, dans sa balancelle. En couple depuis leurs dix-sept ans, ils ont trois enfants ensemble. Ce 7 mars, ils indiquent être cette fois séparés pour de bon.

« On n’est pas compatibles »

“Vous instrumentalisez la police parce que vous n’arrivez pas à vous séparer de monsieur”, résume la présidente à l’adresse de Marion. “Vous portez préjudice à toutes les femmes victimes de violences conjugales”, abonde la procureur adjointe Mazingarbe. “Il ne voulait pas quitter le logement”, répète la Trithoise. “On n’est pas compatibles”, constate Gérald, “je voyais ma vie avec elle donc j’ai eu du mal à l’admettre”. Marion n’a encore jamais été condamnée, tandis que le casier de son ex ne comporte qu’une condamnation, celle de 2019 pour les premières violences conjugales. Aucun des deux ne travaille et Gérald ne dispose d’aucune ressource pour subvenir aux besoins de leurs enfants.

Une forte immaturité

“On peut constater une forte immaturité dans ce couple”, regrette la procureur adjointe qui s’inquiète pour les enfants, qui ont dû ressentir ces tensions. Elle requiert six mois de prison avec sursis simple pour Marion et six mois avec sursis probatoire assorti d’obligations de soins et de travail pour Gérald. 

“Vous avez raison, on est un peu immatures, aujourd’hui j’en ai pris conscience”, répond le jeune homme. Aucun des deux n’a pris d’avocat ni réclamé de dommages et intérêts.

Travaux d’intérêt général et sursis simple

Le tribunal condamne Gérald à 120 heures de travail d’intérêt général à effectuer avant le délai de dix-huit mois sous peine de se retrouver six mois en prison. Marion s’en tire avec six mois de prison avec sursis simple, comme requis.

* prénom(s) d’emprunt

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources


Les chiffres de la délinquance à Trith-Saint-Léger.


3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage.


La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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