Trith-Saint-Léger. “Tu me trompes, je t’égorge” : un Haulchinois condamné à dix mois ferme

Temps de lecture : 4 minutes

Ce Haulchinois de 27 ans a multiplié les menaces à l’encontre de son ex, n’acceptant pas la séparation. Il a aussi lacéré ses meubles et ses vêtements, à Trith.

Sept mentions sur son casier, aucun diplôme, pas de travail

Si on excepte un dossier qui n’a pu être jugé, les deux prévenus étant décédés, l’audience de ce 10 juillet débute par celui de Guillaume*, qui comparaît dans le box et sous escorte. Les cheveux châtains, courts, le jeune homme de 27 ans porte un t-shirt gris. Sur le banc des parties civiles, Mathilde* s’est fait accompagner par une amie, tandis que les proches du prévenu sont venus en nombre pour le soutenir. Le prévenu et sa victime se sont rencontrés au collège, sont restés en couple pendant dix ans et ont deux enfants ensemble. Mathilde exerce comme infirmière, Guillaume n’a travaillé que quelques semaines, dans l’entreprise d’un ami et juste avant son incarcération. Il n’a aucun diplôme et son casier comporte sept mentions depuis 2016 pour des faits en lien avec les stupéfiants, des délits routiers, des dégradations, des violences…

Mathilde a déposé plainte une première fois le 11 décembre dernier dénonçant de premières menaces commises un peu plus tôt, ainsi que des violences antérieures et des propos dégradants. Elle a également découvert que son ex la suivait à la trace grâce à un traceur installé dans son véhicule.

Le 15 décembre, Mathilde contacte de nouveau la police, parlant de menaces quasi quotidiennes, y compris devant ses parents. Le 16, nouvel appel pour que la police vienne constater les dégradations dans son logement : ses meubles et ses vêtements ont été lacérés, alors que le logement était verrouillé et qu’il n’y a aucune marque d’effraction.

Le 15 février, elle dépose une nouvelle plainte pour de nouvelles menaces : après plusieurs tentatives pour localiser Guillaume, les policiers l’aperçoivent dans un bar et procèdent enfin à son interpellation. Le jeune homme conteste l’essentiel des faits : “elle invente parce qu’elle est jalouse que j’aie trouvé une nouvelle copine”, indique-t-il lors de la confrontation.

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Le juge de la liberté et de la détention le place sous contrôle judiciaire plutôt qu’en détention provisoire : Guillaume s’en vante dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et multiplie les violations de son interdiction de contact.

« Je vais me suicider, mais pas tout seul »

Le 20 juin, il est donc incarcéré dans l’attente de son procès. “On a eu une séparation compliquée, elle a bloqué tout le monde. Du coup, on n’avait plus de nouvelles des enfants”, explique le jeune homme, “ça me rendait triste et ça m’a énervé”. La présidente reprend les menaces dénoncées par la victime : “Je vais te tirer une balle dans la tête. […] Tu me trompes, je t’égorge. […] Je vais me suicider, mais pas tout seul.”. Elle montre ensuite des photos du logement, avec les lacérations. Guillaume reconnaît, cette fois, et maintient avoir agi par frustration d’être privé de ses enfants de 2 et 4 ans.

Sauf qu’il n’a pas reconnu le dernier, né pendant qu’il était incarcéré : “J’y ai plus pensé, mais je compte le faire.”

“Je pense qu’il ne regrette pas”, témoigne Mathilde à la barre. La jeune femme indique avoir reçu des messages de numéros inconnus qui décrivaient ce qu’elle portrait et ce qu’elle faisait… alors que Guillaume était incarcéré. “Il n’a pas de limites, il ne s’arrête jamais”, poursuit la jeune femme. Quant aux enfants, elle se dit favorable à ce qu’il puisse les voir en lieu neutre : “chaque fois qu’il les voyait, ça se passait mal, c’était des menaces de mort”.

“Je crois que, monsieur, c’est quelqu’un d’extrêmement dangereux”, abonde maître Grillet, “il n’a dit la vérité que quand il était acculé. […] Il a une emprise sur les femmes. […] Il a besoin d’une réponse ferme de la justice.” L’avocate espère, par ailleurs, que les violences dénoncées par Mathilde seront également poursuivies. En attendant, pour ces menaces et dégradations, elle réclame un total de 16 229 euros.

Douze mois de prison requis

La représentante du parquet voit en Guillaume “quelqu’un qui continue à faire ce dont il a envie et que la justice n’arrive pas à arrêter”. Elle revient sur les précédentes condamnations qui n’ont jamais fonctionné, du sursis au bracelet électronique : “on a épuisé tout l’arsenal judiciaire”. Elle requiert donc 12 mois de prison avec maintien en détention, en plus d’une interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime et de sa maman pendant trois ans.

“Il a peut-être le physique d’un gamin, mais il a aussi une mentalité de gamin”, plaide maître Renoult, “il a été élevé comme l’enfant roi” ce qui l’aurait rendu intolérant à la frustration. “Il a besoin d’un travail psychologique et ce n’est pas en prison qu’il va apprendre à bien se comporter”, ajoute-t-elle.

Dix mois de prison avec maintien en détention

Le tribunal prononce néanmoins la peine de dix mois de prison avec maintien en détention en plus d’une interdiction de contact et de domicile pendant trois ans, avec exécution provisoire. Il devra enfin indemniser son ex pour un peu plus de 8000 euros.


* prénom(s) d’emprunt (sauf exception, la véritable identité des condamnés ne sera mentionnée sur ce site qu’à la demande des juges)

Les condamnés ont dix jours pour interjeter appel de la décision du tribunal.

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Ressources

Les chiffres de la délinquance à Trith-Saint-Léger.


3919, numéro d’écoute national, anonyme et gratuit, destiné aux femmes victimes de violences et à leur entourage.


La plateforme pour signaler en ligne des faits de violences conjugales, sexuelles ou sexistes.


Si vous êtes victime d’infraction, vous pouvez être accompagnée gratuitement pour connaître vos droits, effectuer vos démarches juridiques ou obtenir de l’aide psychologique : composez le 116 006, ou rendez vous au bureau d’aide aux victimes du tribunal : prise en charge du lundi au vendredi 8h30 -12h / 13h30 – 16h30 sav.valenciennes@primtoit.org 03.59.38.43.19 ou 03.27.20.26.26 ou directement au TJ 6 avenue des Dentellières 59300 Valenciennes.


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Lisa Largillet

Journaliste et autrice de fictions (sous pseudonyme) qui a toujours vécu dans le Valenciennois, je couvre les audiences du tribunal correctionnel de Valenciennes depuis 2012 pour la presse locale. Je dispose aussi d'une courte mais enrichissante expérience en tant que secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats.

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